Remarqué en France pour l’adaptation de son roman Querelle de Roberval, Kevin Lambert a été en lice pour le prix littéraire du journal Le Monde, le Wepler ainsi que le prestigieux Médicis. Il a finalement remporté le prix Sade, créé en 2001 par Frédéric Beigbeder et Lionel Aracil pour récompenser le « libertarisme contemporain ».

Nathalie Collard Nathalie Collard
La Presse

Son moment de 2019

« J’étais content de remporter le prix Sade, car j’aime beaucoup certains auteurs qui l’ont remporté avant moi, comme Dennis Cooper ou Christine Angot. Et j’apprécie que le jury de ce prix soit plutôt jeune et surtout paritaire.

« On ne nous avise pas à l’avance qu’on va gagner. Ce soir-là, je revenais d’un festival littéraire à Strasbourg. Je suis débarqué du train et je me suis rendu directement à la galerie d’art où avait lieu la remise du prix. Mon éditeur [Le Nouvel Attila] ainsi que l’attaché de presse sont venus me rejoindre. C’est seulement une demi-heure avant le début de la cérémonie qu’on m’a annoncé que j’étais le lauréat, ex æquo avec Christophe Siébert pour Métaphysique de la viande. J’étais particulièrement heureux de remporter ce prix, car il est particulier. Il reconnaît l’aspect sexuel et trash de mon roman. Il situe également l’œuvre pour un certain lectorat. Je suis conscient que mon livre ne fait pas consensus et, pour moi, c’était difficile de croire que je puisse gagner le Médicis. Le prix Sade place Querelle dans un ensemble de textes plus atypiques, dans une littérature plus dérangeante. Ça me plaît beaucoup. »

Ce qui l’attend en 2020

« Mon objectif pour 2020, c’est de ralentir le rythme », affirme Kevin Lambert. Y parviendra-t-il ? En septembre prochain, il sera l’invité du festival littéraire America, à Paris. Quelques mois plus tard, il participera au festival Quais du polar, à Lyon. Il effectuera également une résidence d’écriture à Berlin au printemps, tout en poursuivant sa thèse de doctorat et la rédaction de son prochain roman.