Trop long pour être passionnant d’un couvert à l’autre, cet ouvrage se colle à la réalité de la guerre contre la drogue, pour faire œuvre de fiction.

André Duchesne André Duchesne
La Presse

Les acteurs sont connus : cartels mexicains, policiers américains, la puissante Drug Enforcement Agency (DEA), et même un candidat républicain à la présidence américaine, John Dennison, décrit comme un « magnat de l’immobilier et [une] star de la téléréalité ».

Art Keller, directeur de la DEA et personnage central, doit naviguer dans ces eaux troubles où la réalité est très complexe. C’est la grande force de ce roman : décortiquer les couches multiples de la lutte contre la drogue.

Ainsi, Keller sait que s’il élimine le cartel de Sinaloa, la paix régnant au Mexique va prendre le bord. Il sait aussi qu’une partie de l’argent obtenu par les trafiquants est blanchie dans des projets légaux.

Pour illustrer cette complexité, rien de mieux qu’une galerie de personnages concernés : policiers, junkies, politiciens, trafiquants, citoyens ordinaires qui essaient de passer illégalement aux États-Unis. Cela donne un roman choral dont les scènes alternent des deux côtés de la frontière.

Plus touffues, mieux construites, celles se déroulant aux États-Unis sont supérieures à celles campées au Mexique, émaillées de dialogues creux et interminables.

★★★

La frontière. Don Winslow. Harper Collins/Noir. 850 pages.