Après la pièce de théâtre, le livre. Ou plutôt le récit. Qui se lit comme de la poésie. Le titre le dit d’ailleurs très bien : Kink – Initiation poétique au BDSM.

Silvia Galipeau Silvia Galipeau
La Presse

Présenté pour la première fois aux Écuries en 2016, puis à Espace Libre l’an dernier, Kink se veut d’abord une pièce de théâtre, donc, sorte de démystification d’un univers tabou : le BDSM. L’idée : rendre « digeste » l’univers codifié du BDSM, sur scène d’abord, puis ici, en textes et en dessins (comme le résume la postface, signée Marilyne Lamontagne).

À travers des anecdotes et autres confidences, les deux auteurs (et interprètes), Frédéric Sasseville Painchaud et Pascale St-Onge, se racontent, de manière à la fois pudique (rassurez-vous) et métaphorique (rassurez-vous, bis). On les suit dans leurs premiers pas (souvent maladroits), à travers leurs souvenirs d’enfance (prémonitoires), puis dans leurs fantasmes d’aujourd’hui. Dans le meilleur. Puis le pire.

Par l’entremise d’une histoire de petit chaperon rouge et de loup, de domination et de soumission, on comprend surtout que le BDSM est d’abord et avant tout : un jeu. Un jeu avec des règles (le droit de dire non, le droit de dire oui), où domine (sans jeu de mots) un concept terriblement d’actualité : le consentement.

Si vous avez envie de réfléchir à vos propres désirs, à vos limites, vos exaltations et vos déceptions, ce livre est pour vous. Ça se lit tout seul. Et ça fait réfléchir longtemps. Mais si le sujet ne vous inspire pas, et c’est votre droit (consentement oblige), passez votre tour.

★★★

Kink – Initiation poétique au BDSM, de Pascale St-Onge et Frédéric Sasseville Painchaud, Éditions du remue-ménage, 87 pages.