L’auteure de la trilogie Muchachas et du best-seller Les yeux jaunes des crocodiles revient avec un roman campé dans l’ère post-#metoo. La Presse a décortiqué Bed Bug.

Nathalie Collard Nathalie Collard
La Presse

Un roman féministe

Le 19e roman de Katherine Pancol est tout à fait dans l’air du temps, c’est-à-dire qu’il parle d’abus non dénoncés et de reprise de parole par les femmes. En entrevue sur Europe 1 la semaine dernière, Katherine Pancol a d’ailleurs complètement décontenancé l’animateur en révélant avoir été violée lorsqu’elle était jeune. « C’est grâce à un viol que je suis devenue journaliste », a-t-elle déclaré. Dans Bed Bug, le personnage central, Rose, cherche l’amour. Mais avant d’aimer les autres, il faut s’aimer soi-même, une vérité que la jeune femme de 29 ans finira par intégrer. Ce roman parle donc d’empowerment féminin. Il parle aussi de l’héritage psychologique de Rose, du lien qui l’unit à sa mère – Valérie, agente d’artistes déçue par l’amour – et à sa grand-mère Babou, une femme dure au cœur tendre.

Beaucoup de petites bêtes

Contrairement à ce qu’annonce le titre, il ne s’agit pas d’une enquête sur les puces de lit. Mais les entomologistes et les scientifiques en herbe y trouveront peut-être leur compte puisque Rose est biologiste et travaille dans un laboratoire où elle fait des recherches sur la luciole alsacienne, Lamprohiza splendidula, cousine de la luciole américaine, Photuris versicolor. Et parfois, on apprend beaucoup sur l’humain en observant les petites bêtes… En entrevue dans la presse française, Pancol a confié avoir travaillé avec un biologiste de renom (Roland Lupoli), qui a révisé son roman pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’erreurs. Tous les passages scientifiques du roman sont donc véridiques.

Des hommes éreintés

Chaque fois que Rose croise le chemin d’un homme, elle s’imagine immédiatement convoler en justes noces avec lui. Bon nombre de femmes risquent de se reconnaître dans cette jeune femme qui tolère beaucoup trop de choses – de mauvais amants, de gros ego… – pour ne pas être seule. On peut dire que Katherine Pancol n’épargne pas ses personnages masculins : ils sont agresseurs, machos, mauvais compagnons, paternalistes, envahissants ou alors carrément absents.

Les ingrédients gagnants

Comme dans plusieurs romans de Katherine Pancol, l’action de Bed Bug se déroule entre Paris et New York. L’auteure française a ses habitudes à Manhattan et ça paraît dans ses descriptions. On retrouve également plusieurs ingrédients qui ont fait le succès de ses livres par le passé : des dialogues vifs, de l’humour, des personnages féminins forts et affirmés. Les fans vont apprécier.

IMAGE FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

Bed Bug, de Katherine Pancol, Albin Michel, 352 pages.