Atteint d’un cancer alors que sa femme combattait déjà la maladie, l’écrivain Sorj Chalendon a fait ce qu’il sait faire de mieux : il s’est tourné vers l’écriture.

Nathalie Collard Nathalie Collard
La Presse

Empruntant pour la première fois la voix d’une narratrice, Chalandon a imaginé la rencontre de quatre femmes qui se lient d’amitié lors de leurs traitements de chimio. Une amitié qui ne va pas de soi au départ, ces quatre femmes étant issues de milieux différents, avec chacune leur histoire plus ou moins compliquée. Elles ont toutefois quelque chose de tragique en commun : elles ont toutes perdu un enfant.

Les quatre complices uniront leurs forces dans un projet un peu spécial, très casse-gueule et, du point de vue de la lectrice, pas mal tiré par les cheveux, presque digne d’une bande dessinée. Qu’à cela ne tienne, malgré quelques invraisemblances, on s’attache à ces quatre copines qui n’ont plus froid aux yeux et qui ont une furieuse envie de reprendre le contrôle de leur vie.

Sorj Chalandon signe ici une belle fable sur la maladie, sur le courage et la solidarité qu’elle suscite dans les vies de celles qui en sont atteintes. Beau et inspirant.

★★★
Une joie féroce. Sorj Chalandon. Grasset. 320 pages.