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Prix des libraires 2019: côté roman, la relève domine

Jean-Philippe Baril Guérard, finaliste du Prix des libraires du... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Jean-Philippe Baril Guérard, finaliste du Prix des libraires du Québec 2019 pour Manuel de la vie sauvage

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Depuis quelques années, le Prix des libraires, dont le deuxième gala de remise de prix aura lieu le 16 mai au Club Soda, bouscule les listes des meilleurs romans québécois en faisant la part belle à la relève. Mais cela n'a pas à voir avec le banal attrait de la nouveauté ; plutôt avec une nouvelle génération de libraires qui est au diapason d'une nouvelle génération d'écrivains obsédés par l'expérimentation formelle, selon les libraires que nous avons interrogés.

Dans les quatre dernières années, ce ne sont pratiquement que des premiers romans qui ont remporté le Prix des libraires dans la catégorie du roman. À part pour La femme qui fuit d'Anaïs Barbeau-Lavalette en 2016 (qui était son deuxième roman), les libraires ont récompensé Ma vie rouge Kubrick de Simon Roy, Le plongeur de Stéphane Larue et La bête creuse de Christophe Bernard. Tous des primoromanciers.

Dans la liste des finalistes 2019, nous avons trois primoromancières : Catherine Lemieux pour Une affection rare, Alexie Morin pour Ouvrir son coeur (elle a déjà publié un recueil de poésie et une novella) et Clara Dupuis-Morency pour Mère d'invention. Kevin Lambert n'en est qu'à son deuxième roman avec Querelle de Roberval. Seul Jean-Philippe Baril Guérard, avec Manuel de la vie sauvage, a plus de publications à son compteur.

Clara Dupuis-Morency, finaliste du Prix des libraires du Québec 2019... (PHOTO FOURNIE PAR L'AUTEURE) - image 2.0

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Clara Dupuis-Morency, finaliste du Prix des libraires du Québec 2019 pour Mère d'invention

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Disons que les écrivains d'expérience, qui ont bâti une oeuvre, se font plutôt rares. Comment expliquer ça ?

« Effectivement, cette année, on s'est fait la remarque que les finalistes étaient pas mal jeunes », reconnaît Josianne Létourneau, de la Librairie du Square. « Mais, dans ce cas-ci, les romans sont tellement puissants qu'on ne peut pas faire autrement. »

« Souvent, quand on lit un premier roman, on trouve moins de maturité, on voit la promesse d'une belle carrière. Mais, maintenant, on tient quelque chose et on ne peut pas attendre [avant] de le souligner. »

« On dirait qu'ils font une entrée fracassante, et ça déconcerte tout le monde », souligne Olivier Boisvert, de la librairie Gallimard. « La tendance est au roman assez social qui essaie de mélanger, si l'on veut, un ancrage territorial et des problématiques fortes. Il y a beaucoup d'espièglerie, de singularité, on veut tordre le cou aux idées reçues. »

« C'est un prix de sélection par les libraires, pas de soumissions par les éditeurs », précise Audrey Martel, de la librairie L'Exèdre à Trois-Rivières. « C'est la beauté du Prix des libraires, qui respecte l'esprit de découverte. Et je pense qu'il y a véritablement une nouvelle génération de libraires. Leurs intérêts, le fait qu'ils soient plus tournés vers les auteurs de la relève, ça se ressent et ça donne une image de la librairie d'aujourd'hui. »

La jolie tempête

Il est vrai qu'au cours des dernières années, de jeunes entrepreneurs ont pris le relais d'un métier qu'on croyait moribond et insufflé un nouvel esprit à la librairie de quartier. Des passionnés, qui ont leurs pages Facebook, Twitter et Instagram, qui organisent des tas d'activités et qui ont un regard éditorial sur ce qu'ils exposent en vitrines. Si l'on ajoute à cela que les nouvelles maisons d'édition nées dans les années 2000 ont maintenant atteint un point de maturité, on se retrouve un peu avec une tempête parfaite. 

« Ces maisons d'édition ont des directeurs friands de nouveaux talents et qui les travaillent, croit Olivier Boisvert. On est de plus en plus dans les récits hybrides, l'art romanesque est détourné de ses codes, on cherche la phrase bondissante, l'esprit vif qui décortique son époque, une manière de révéler le réel avec un angle particulier. »

« Ce sont quand même des propositions littéraires de haut niveau, pas forcément très grand public, où on cherche à éroder les frontières entre les genres. Quand a-t-on vu un auteur faire un roman sur une startup comme [l'a fait] Jean-Philippe Baril Guérard ? »

Mais, tient à préciser Olivier Boisvert, « les nouveaux libraires, on est toujours des lecteurs de Jacques Poulin et de Michel Tremblay. Le Prix n'est pas décidé par des libraires qui votent isolément, ce sont les libraires qui conseillent ces livres-là, et ils sont saisis par les lectrices et les lecteurs. Un roman comme Ouvrir son coeur d'Alexie Morin est une oeuvre assez générationnelle, mais qui plaît aux baby-boomers, qui ont tous envie de prendre Alexie Morin dans leurs bras. »

Alexie Morin, finaliste du Prix des libraires du... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE) - image 3.0

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Alexie Morin, finaliste du Prix des libraires du Québec 2019 pour Ouvrir son coeur

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

« Je ne crois pas que nous soyons sensibles à une écriture plus "jeune", estime Josianne Létourneau. Nous sommes seulement sensibles à une écriture, quelle qu'elle soit. On lit de tout. C'est peut-être juste une étape et, l'an prochain, nous aurons des routiers. »

L'avenir du Prix des libraires

Maintenant, ce qui devient important, c'est de mieux faire connaître le Prix des libraires, selon Audrey Martel. « Le Goncourt reste encore comme l'espèce de summum, des gens viennent le demander en disant qu'ils ne lisent que le Goncourt. »

« Ce n'est pas tout le monde qui connaît ce prix, admet Josianne Létourneau. Il gagne à être mis de l'avant par les libraires. Je pense que ce prix nous permet d'avoir un rayonnement, qui nous met de l'avant comme professionnels. »

Olivier Boisvert affirme que le Prix des libraires est devenu une boussole, et ses clients sont maintenant curieux de lire tous les romans de la liste des finalistes, pas seulement les lauréats. « Les libraires sont de plus en plus attachés à l'idée que la littérature québécoise soit punchée, atypique, avec du front tout le tour de la tête, du chien, dit-il. J'arrive de Genève, et c'est ce qu'on m'a dit là-bas de nos livres. On est peut-être contenus dans notre volonté de changer la société, mais beaucoup de ces énergies-là s'en vont en littérature ! »

Le gala du Prix des libraires aura lieu demain, à 18 h 30, au Club Soda. Prestations et lectures par Catherine Trudeau, Philippe-Audrey Larrue- St-Jacques, Pascale Montpetit, Vincent-Guillaume Otis, Alice Pascual, Philippe Brach et Benoît Rocheleau.

Consultez les listes de finalistes dans toutes les catégories.




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