C’est un printemps chargé pour Guillaume Perreault – et pour Bob, qui livre lettres et colis partout dans la galaxie, rien de moins. Plusieurs milliers d’exemplaires du Facteur de l’espace, la bande dessinée racontant les aventures de Bob parue en 2016 à La Pastèque, ont été vendus dans la francophonie. Le succès est tel que ce premier tome a été traduit en six langues et qu’une série animée et un jeu vidéo inspirés de son univers sont en production.

Marie Allard Marie Allard
La Presse

Avant ces projets, Guillaume Perreault présente Le facteur de l’espace, tome 2 : Les pilleurs à moteurs. Cette fois, Bob l’employé modèle doit former Marcelle, une nouvelle factrice aux cheveux bleus. « Encore là, la journée ne se déroule pas bien pour Bob, résume le sympathique bédéiste, joint à Gatineau. Il ramasse un personnage qui fait du pouce, puis ils se font courir après par des motards de l’espace. La trame derrière, c’est qu’il faut apprendre à accepter que les autres peuvent nous donner un coup de main. Il y a de la beauté dans l’amitié. »

PHOTO RÉMI ALLEN, FOURNIE PAR LA PASTÈQUE

Guillaume Perreault

Planète en crème glacée

L’improbable trio se retrouve sur une planète composée de crème glacée (puisqu’il fait très froid ailleurs dans l’univers, pourquoi pas ? plaide Guillaume Perreault), est victime d’un rayon paralysant, etc. On s’amuse ferme loin de la terre ferme, avec Bob, Marcelle et Yolain, dont les prénoms sont visiblement revenus à la mode dans le futur.

« Je suis un grand fan de rétrofuturisme, explique Guillaume Perreault. Dans l’univers de Bob, oui, on est dans le futur, il y a des planètes et des extraterrestres. Mais la technologie reste de base. C’est tout de même un facteur ! »

Comment créer une BD ?

C’est après avoir vu Interstellar au cinéma que Guillaume Perreault s’est lancé sur la piste de Bob (ou sur celle de son vieux vaisseau, qui surchauffe en hypervitesse…). « Je suis revenu à la maison et j’ai commencé à faire des croquis d’astronautes dans mon calepin de dessin, se souvient-il. L’espace et la science-fiction, ça m’a toujours fasciné. À un moment donné, Bob est ressorti de ces croquis. Sans que je sache pourquoi, je lui ai mis un sac en bandoulière et une casquette, comme s’il était un livreur. J’ai eu un flash : un facteur de l’espace, ce serait drôle. Tout est parti d’un croquis. »

Pour ce deuxième tome, Guillaume Perreault a d’abord planché sur un scénario écrit. « J’ai mijoté là-dessus pendant un bon deux, trois mois à temps perdu, indique-t-il. Le scénario, je le questionne, je le requestionne, j’en parle avec des amis, avec la famille. Je retravaille l’histoire jusqu’à ce que je sois vraiment satisfait. »

Puis vient le scénario-maquette. « Je fais un découpage de chacune des pages, mais c’est super sommaire, explique Guillaume Perreault. C’est de la composition : j’établis la position des personnages et je donne une brève idée du décor. Je fais le story-board à la main, ça donne un côté plus fluide et naturel. »

La suite du travail est entièrement numérique, sur tablette graphique. « Pour Le facteur de l’espace, je voulais un dessin très propre avec des couleurs en aplat, décrit l’illustrateur. Le dessin digital convient mieux à cette esthétique. » Cumulus, une œuvre précédente de Guillaume Perreault qui vient d’être rééditée aux 400 coups, a plutôt été réalisée à l’encre. « La coloration a été faite à l’ordinateur, sinon c’est tout du travail original à la main », précise-t-il.

Projets en cours

Guillaume Perreault participe à l’adaptation du Facteur de l’espace en série télé et en jeu pour plateformes mobiles. Ces projets, financés par les programmes Innovation du Fonds des médias du Canada et Corus-FMC, n’ont pas encore de date de lancement. « Il y a beaucoup d’affaires top secrètes, dit le bédéiste. C’est une aventure assez colossale. Je me rends compte qu’il faut que je délègue beaucoup. C’est un apprentissage : travailler avec de grandes équipes et faire confiance à l’expertise de ces personnes-là. »

Un apprentissage semblable à celui de Bob ? « Oui, c’est drôle, s’amuse Guillaume Perreault. Il faut sortir de sa zone de confort et apprendre à travailler avec les autres. C’est peut-être moi, Bob, finalement… »

PHOTO FOURNIE PAR LA PASTÈQUE

Le facteur de l’espace, tome 2 : Les pilleurs à moteurs, de Guillaume Perreault

Bob et Marcelle

Bob, le facteur de l’espace, doit former une nouvelle collègue, Marcelle. Loin des clichés, ce personnage féminin s’avère aussi gourmand qu’actif et sensé. C’est une parfaite acolyte pour le dévoué (mais pantouflard !) Bob. Leur journée de travail sera pleine de péripéties intragalactiques, au grand bonheur des petits lecteurs.

Le facteur de l’espace, tome 2 : Les pilleurs à moteurs, Guillaume Perreault, éditions La Pastèque. Dès 8 ans.

PHOTO FOURNIE PAR LES 400 COUPS

Cumulus, de Guillaume Perreault

Le vent l’emportera

C’est l’histoire d’un garçon en jeans et t-shirt, comme il y en a tant. Il s’ennuie. En regardant par la fenêtre, il voit un beau nuage. Un cumulus. « Salut ! T’as l’air pas mal seul, toi aussi », dit le garçon au nuage, avant de lui proposer une visite de son quartier. Les aventures de ce garçon et de son improbable ami serrent le cœur des adultes. Mais elles ravissent les enfants, qui s’attardent davantage aux péripéties et aux dessins, simples et touchants.

Cumulus, Guillaume Perreault, éditions Les 400 coups. Dès 7 ans.