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Livre numérique en français : on y est presque!

La multiplication des interfaces et des supports ne... (Photo: PC)

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La multiplication des interfaces et des supports ne facilite pas le téléchargement de livres numériques. Kindle, Nook, Kobo (notre photo), Apple et autres se livrent une bataille rappelant celle de la période Beta-VHS.

Photo: PC

Depuis l'arrivée des tablettes numériques et des liseuses, les Québécois achètent de plus en plus de livres numériques. Le hic, c'est que les titres francophones sont encore peu nombreux et plus chers que les titres anglophones. Pourquoi?

En 2011, 7,8% des adultes québécois avaient téléchargé un ou des livres numériques (ils étaient 4% en 2010) selon une étude du CEFRIO. Au Québec, le marché du livre numérique est encore embryonnaire, représentant moins de 5% des ventes de livres, alors qu'aux États-Unis, on approche le 20%. Jusqu'ici, l'expérience d'acheter un livre numérique en français est plus complexe qu'en anglais: titres peu nombreux, livres trop chers, problèmes de téléchargement, incompatibilité des interfaces, etc. Selon Blaise Renaud, PDG de Renaud-Bray, les difficultés du livre électronique sont les mêmes que celles du livre papier: le Québec étant un petit marché, les choses prennent plus de temps à s'installer.

Pourquoi est-ce moins cher en anglais qu'en français?

Il y a plusieurs raisons. Blaise Renaud explique: «Il faut se rappeler que dans plusieurs pays francophones il existe une loi sur le prix unique du livre. On autorise un rabais de 5% au maximum. On applique donc la même logique au livre numérique. Ensuite, il faut savoir qu'en France, les maisons d'édition sont détenues par des individus, non pas par des grands groupes. On n'est donc pas dans la logique ultracompétitive des États-Unis.»

Même son de cloche chez Clément Laberge, vice-président chez De Marque, qui ajoute: «Le marché aux États-Unis a commencé très tôt et il est plus libéral. Quand Amazon a mis en place une politique du prix à 9,99$, il a mis sous pression toutes les maisons d'édition qui ont été forcées de vendre le livre sous le prix coûtant. Ailleurs dans le monde, on ne peut pas prendre ce chemin. L'autre problème, c'est que le livre numérique est taxé deux fois, ce qui élimine le rabais consenti.» Antoine Tanguay, patron des éditions Alto, renchérit: «Plus un marché est petit, plus c'est difficile car les acteurs sont vulnérables. Et en France, il y a aussi la volonté de protéger le marché du livre de poche.»

«Vu la taille gigantesque de leur marché, ajoute Blaise Renaud, les anglophones peuvent se montrer beaucoup plus agressifs, offrir le premier chapitre d'un ouvrage gratuitement, solder des livres à 49 cents, etc. Impossible de faire la même chose en français.»

Pourquoi, toute proportion gardée, y a-t-il moins de titres disponibles en français qu'en anglais?

«Toutes les nouveautés francophones ne sont pas disponibles en version numérique, explique Clément Laberge, qui a participé à la mise sur pied de l'Entrepôt numérique en collaboration avec l'Association nationale des éditeurs de livres (ANEL). Mais sur 110 éditeurs québécois, plus de 90% sont présents dans l'entrepôt. S'ils ne sont pas sur Amazon, c'est parce que ces derniers refusent de signer un contrat qui garantirait un prix plancher, alors les éditeurs québécois préfèrent attendre. Quant à iBooks, ils n'ont pas de boutique canadienne-française, seulement une section. Cela devrait se régler dans les prochains mois. Sur 20 livres québécois, de 10 à 15 sont disponibles en version numérique. Les livres français commencent à être disponibles au Québec mais il faut savoir qu'en France, les droits territoriaux sont très forts. Je dirais que fin 2012, l'offre générale de livres récents sera bien en place.»

«Tous les éditeurs n'ont pas la même approche, ajoute Antoine Tanguay, des éditions Alto. Leméac, par exemple, n'a pas de présence numérique. C'est une question de philosophie. Moi j'ai décidé d'offrir le plus de tribunes possible à mes auteurs. Le support ne m'inquiète pas. Je suis aidé par mon diffuseur Dimedia et pour l'instant, mes ventes tournent autour de 4%. Cette année, toutefois, on sent que ça décolle.»

Pourquoi est-ce si compliqué à télécharger?

«C'est vrai que c'est bordélique, reconnaît Clément Laberge de De Marque. Tout le monde a ses exigences techniques, nous vivons un peu la période Beta-VHS et c'est pareil à l'échelle mondiale. Il y a beaucoup de supports (Kindle, Nook, Kobo, Apple, etc.) et interfaces utilisés.»

Une des plaintes qu'on entend souvent est celle du lecteur qui tente d'acheter un livre en France, à la Fnac par exemple, et qui est incapable de le télécharger. «Parfois il s'agit de restrictions territoriales, explique Clément Laberge. Si vous n'avez pas d'adresse IP locale ou si votre adresse de facturation n'est pas française, le téléchargement sera verrouillé.»

En comparaison avec l'achat d'un livre en anglais sur Kindle Store qui se fait en quelques secondes, l'achat d'un livre québécois s'avère plus long et compliqué. Un classique: on achète un livre sur Archambault.ca ou Ruedeslibraires.com, on reçoit un fichier verrouillé. On doit installer Adobe Digital Edition, créer une identité Adobe et ensuite on peut ouvrir un fichier. Si on veut ouvrir le fichier sur un appareil mobile, il faut tout recommencer.

Il existe plusieurs formats dont le PDF ou le ePub qui, selon l'éditeur Antoine Tanguay, est celui qui est le plus flexible. Il n'y a aucun format commun pour l'instant mais avec le temps, Clément Laberge estime qu'il y en aura un qui s'imposera.




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