C’était un retour à un gala « presque » normal mardi soir, à la Place des Arts, lors de la première Carte blanche de Juste pour rire, animée par Laurent Paquin. Ce dernier a été chaudement applaudi par les quelque 750 spectateurs à Wilfrid-Pelletier, soit 20 % de la jauge de la salle. Compte rendu en pièces détachées.

Luc Boulanger
Luc Boulanger La Presse

Le numéro d’ouverture

Le populaire humoriste qui détient le record à l’animation des galas Juste pour rire, soit 14, a ouvert le bal avec un habile numéro sur la tolérance. S’étonnant que certains revendiquent le droit de ne pas juste être tolérés… mais celui d’être aimés, Laurent Paquin lance : « Tu ne peux pas être aimé de tout le monde dans la vie. Pas juste les minorités. Moi, y’a plein d’hommes blancs hétéros qui disent “si j’aurais” et ne mettent jamais leurs clignotants quand ils font un virage en voiture que je n’aime pas, mais que je tolère pour ne pas les haïr […]. Si tout le monde tolérait tout le monde, la vie serait bien meilleure. Tolérer, c’est pas le boute de la marde, mais c’est une base pour vivre en harmonie en société. »

Le numéro sérieusement comique

PHOTO ÉRIC MYRE, FOURNIE PAR JUSTE POUR RIRE

Sylvain Laroque

Le vétéran de l’humour Sylvain Laroque a présenté un numéro dans lequel il revient sur ses années d’intimidation à l’école. « Les réseaux sociaux n’ont rien inventé. » Au primaire, son surnom était Crapaud et il était la cible des bullies. « J’avais un œil croche, d’excellentes notes et je n’étais pas bon dans les sports ; tout pour me faire casser la gueule ! » Larocque a ensuite évoqué qu’au secondaire, « l’intimidé peut se transformer en intimidateur » en rappelant un épisode peu glorieux de son adolescence. Pour ensuite déclarer que l’humour lui a sauvé la vie au cégep. Très à l’écoute durant son numéro, le public a réservé une chaude ovation à l’humoriste de 54 ans.

Le numéro le plus usé à la corde

PHOTO ÉRIC MYRE, FOURNIE PAR JUSTE POUR RIRE

Stéphane Fallu

Des six invités du gala, c’est la prestation de Stéphane Fallu qu’on a jugée la plus convenue et facile. Son numéro portait sur l’infidélité dans le couple, les cocus et les clichés du gars au-dessus de l’amour. Le genre de monologue ponctué de « Moi, ma blonde a… » avec moult variations sur les choses banales que celle-ci fait ou dit. S’il reste fidèle à sa blonde après tant d’années, « c’est parce que j’haïs ça, déménager »… Le sens de l’autodérision n’est pas donné à tous.

Le numéro le plus malaisant

PHOTO ÉRIC MYRE, FOURNIE PAR JUSTE POUR RIRE

Korine Côté

La jeune humoriste Korine Côté a créé le plus de malaises dans la salle en cinq minutes. « On dirait que le corps humain a été conçu par un mauvais contracteur », dit-elle en ouverture. Avant de se lancer dans un monologue sur la « zone de la fourche », « le drain et les jets de pisse de la femelle », et l’autre orifice à reproduction. Disons que les femmes riaient plus fort que les hommes. Ensuite, elle a enchaîné avec le derrière de la fourche, la « chute à déchets »… Pour enchaîner avec le « drain » des hommes. En se questionnant sur les raisons qui ont poussé l’entrepreneur du corps masculin à faire sortir l’urine au même endroit que le sperme, par le même drain. Je vous laisse deviner le punch…

Le numéro le plus ovationné

PHOTO ÉRIC MYRE, FOURNIE PAR JUSTE POUR RIRE

Eddy King

Eddy King a été l’un des deux invités, avec Simon Delisle, qui ont consacré un numéro à la pandémie. D’entrée de jeu, il demande à la foule ceux qui ont leur double dose de vaccin. Et encourage tout le monde à se faire vacciner. Avant d’avouer qu’il n’a pas reçu le sien… « Je suis méfiant. J’ai un dilemme… Vous me dites que c’est le premier ministre Legault qui le recommande. Quoi ?! Le gars qui ne reconnaît pas le racisme systémique et qui embrasse sa sœur sur la bouche ! » Sur ce sujet délicat, Eddy King va surfer avec brio et ironie. « Je peux aussi compter sur ma génétique congolaise pour ne pas être malade. Il y a tellement de virus dans ce pays. Quand le coronavirus essaie d’entrer dans le corps d’un Congolais, il doit faire la queue… “Hey ! Pousse-pas, la COVID, j’étais là avant toi”, lui dit la malaria ! »

Le verdict

Laurent Paquin a animé un bon premier gala, un peu court : 75 minutes, dont le numéro de l’animateur de foule, au début. Néanmoins, le plaisir de retourner au festival était palpable tant sur la scène que dans la salle.