(Genève) En tournée en France, l’humoriste controversé Dieudonné, qui n’a pas répondu à une convocation du procureur genevois vendredi faisant suite à des plaintes déposées pour ses propos lors de spectacles en Suisse, a été convoqué début février.

Agence France-Presse

L’avocat suisse de Dieudonné, Pascal Junod, avait expliqué cette semaine à l’AFP que l’humoriste ne pourrait se rendre à son audience vendredi en raison de sa « tournée ».

La nouvelle audience a été fixée le 4 février, a indiqué à l’AFP le parquet genevois, sans commenter l’absence de Dieudonné.

Sa convocation fait suite à diverses plaintes déposées cette année par la Coordination intercommunautaire suisse contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad).

L’association accuse Dieudonné d’avoir tenu des « propos négationnistes sur les chambres à gaz » lors de ses spectacles à Nyon, en janvier, et à Genève, en juin.

À cela s’ajoute, une plainte pour « injure publique » à l’encontre de la Cicad, qui dénonce des propos tenus durant le spectacle. Le secrétaire général de la Cicad, Johanne Gurfinkiel, a expliqué à l’AFP avoir également porté plainte à titre personnel pour avoir été traité de « raciste » par Dieudonné.

Habitué des tribunaux, le polémiste de 53 ans a été plusieurs fois condamné en France pour ses sorties antisémites.

Le 27 novembre, il a été condamné à 9000 euros (13 000 $) d’amende pouvant se transformer en emprisonnement en cas de non-paiement, pour complicité d’injure à caractère antisémite, après la publication d’une vidéo et d’une chanson jugés antisémites et intitulées « C’est mon choaaa », accusé de tourner en dérision la Shoah.

Rendu célèbre dans les années 90 par ses sketches avec un humoriste juif, Élie Semoun, Dieudonné M’bala M’bala, 53 ans, d’origine camerounaise, a ensuite exprimé de plus en plus ouvertement des positions antisémites.

Les partisans de Dieudonné en France forment une mosaïque hétéroclite, comptant des militants propalestiniens, des jeunes de banlieue, quelques membres de l’extrême droite, mais aussi des anarchistes, soudés par un même rejet des élites politiques et médiatiques.

Il bénéficie d’une large popularité sur l’internet, avec plus de 1,3 million de personnes qui « aiment » sa page Facebook.