Parfois, une chanson s’installe dans notre cœur pour toujours. Cet été, des personnalités racontent l’histoire qui se cache derrière une œuvre qui les habite depuis des années.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Depuis maintenant un quart de siècle, la chanson interprétée par Richard Desjardins avec son groupe légendaire Abbittibbi occupe une place spéciale dans le cœur de la chroniqueuse, écrivaine et humoriste Guylaine Guay. D’abord, parce qu’elle lui rappelle les années où elle travaillait en tant que monitrice dans un camp de vacances. « Mon ami Sylvain m’a fait découvrir le groupe Abbittibbi grâce à une cassette édition limitée enregistrée par le groupe en 1990. », explique celle qu’on entendra dans Véronique et les fantastiques pour une deuxième année dès l’automne.

« Je me suis depuis intéressée à tout ce que faisait Abbittibbi et la chanson Y’a rien qu’icitte qu’on est ben est parue sur l’album Chaude était la nuit en 1994. »

Guylaine Guay

Elle raconte aussi que certaines paroles avaient ébranlé quelque chose en elle : « On a l’droit de tout’ dire icitte/Même la vérité/On a l’droit de tout’ faire/Même rien/Y a rien qu’icitte qu’on est ben ». Ces mots décrivent habilement la philosophie de vie de la communicatrice. « Ça dit toute la simplicité d’être bien, d’appartenir à un lieu et de faire avec ce qu’on a. Dès que je déménage, je baptise mon nouveau chez-moi en la chantant. C’est ma façon de dire : “On est là, on arrive, c’est chez nous maintenant.” »

D’appartement en appartement…

Il faut dire qu’elle a passé sa vie à déménager et à trouver des moyens de faire sa place dans de nouveaux lieux. « Mes parents n’étaient pas des gens nantis. La famille se promenait au gré de leurs jobs. Ma mère était serveuse et mon père chauffait des lifts à la Dominion Textile. Partout, j’avais la capacité de voir le positif et de trouver de nouveaux amis. Notre mode de vie se mariait bien à ma curiosité naturelle. »

Celle qui a eu 50 ans le 14 juillet dernier a continué de déménager fréquemment durant sa vie d’adulte. « Je viens de la culture des Montréalais locataires. Notre famille a toujours habité dans des quatre et demie, et encore aujourd’hui, je loue une maison. Durant ma vingtaine, j’ai chanté la chanson Y a rien qu’icitte qu’on est ben avec ma guitare dans au moins 15 appartements. »

Séduite par le message, la douceur et la simplicité de la poésie de Desjardins, Guylaine Guay évoque un autre passage marquant : « Je vas prend’ la chambre/Avec un lac dedans ». Des paroles qui lui rappellent son affection pour la nature… et pour les habitants des grands espaces. « Mon amour de la chanson était un peu précurseur, parce que je suis en couple avec un Abitibien de Val-d’Or. On s’est mariés en 2012. Il a découvert la chanson quand on a déménagé dans notre maison. Comme j’aime très peu chanter devant le monde, mon chum n’en revient jamais quand je la joue. C’est comme un peu à moi. »