C’est dans une ambiance festive que Philippe Laprise a célébré sa soirée Juste pour rire en compagnie de ses amis. Au programme : imitations, gags, morceaux de béton et chansons. Champagne !

Natalia Wysocka
La Presse

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Philippe Laprise avec son public

Champagne et caaaaarte blaaaanche 

Avant que la soirée commence, Philippe Laprise est sorti des coulisses pour évaluer le degré d’excitation de son public. Il l’imaginait enfilant des bières. Pas de chance. La dame sur laquelle son regard s’est posé buvait, certes. Mais du thé à la menthe. Petit mercredi. L’énergie est toutefois montée d’un cran lorsque le maître des cérémonies est, lui, monté sur scène après une série de cinq en haut, high five, avec les gens du premier rang. Il nous a alors servi un tordant moment Révolution (comme dans le concours de danse télévisé), une anecdote de montagne de crème glacée recouverte stratégiquement d’enrobage « red velvette » et une requête de « champagne ! ». Moins pétillant : il a prononcé près de 27 fois les mots « carte blanche » (comme dans « Ce soir, c’est ma caaaarte blaaaanche ! »). À chaque occurrence, une voix de femme répétait la même chose, tantôt avec un faux accent italien, tantôt sur l’air d’All By Myself. « S’cusez, j’suis tu le seul que ça fait rire ? », s’est soudain enquis l’animateur après un énième « caaaarte blaaaanche ». Quelques rires épars lui ont donné la réponse.

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Mélanie Ghanimé a parlé de son acceptation de la quarantaine.

Drôles de bête

Déterminé à offrir le moment le plus cute (vous devinez, de sa « caaaarte blaaanche »), le sympa Laprise a sorti un chat des coulisses, puis une petite fille avec un bouquet est sortie à son tour, puis ce fut au tour d’un pompier tenant une petite fille tenant un chat qui, lui, n’a pas tenu en place. Les animaux sont également réapparus, pas physiquement par contre, lors du très marrant passage de Mélanie Ghanimé, qui a parlé de son acceptation de la quarantaine, âge auquel elle a appris à dire « fuck toutte » (un « toutte » dont font partie, oui, les conversations sur les bébés chats). Les très applaudis Dominic et Martin ont également parlé animaux, dans un numéro abordant les choses inutiles, parmi lesquelles ils ont placé les pandas, l’expression « j’aimerais être un petit oiseau » et les écureuils (attention ici : jokes de glands). La toujours drôle Silvi Tourigny, qui est entrée sur scène en gambadant, nous a raconté son accouchement, le mettant en parallèle avec ceux que vivent les girafes et les superhéros de la naissance, les porcs-épics. Pas bête du tout.

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Sébastien Ouellet en était à son premier gala hier soir.

Premier gala,*&?* 

Dans le rôle du gars fâché de ne pas pouvoir s’exprimer (pas le droit de s’énerver, pas le droit de critiquer, pas le droit de sacrer, t******k), Sébastien Ouellet a particulièrement excellé hier. Celui qui en était à son premier gala (suivi de sa première ovation) a abordé l’euthanasie animale (devinez : d’un chat), les jokes de bombes aux douanes, la prolifération de commentaires racistes sur les réseaux sociaux et sa réponse à ceux qui disent que l’immigration, c’est mal (« Y’a tellement d’ost*es qui naissent à Laval… »). Offrant une critique de Bombardier et « des jobs que l’on ne se fait pas voler, mais que l’on va porter », l’humoriste a jasé ouverture d’esprit et nécessité de respecter les différences et les valeurs des autres sans nous faire la morale en se moquant de ses propres gaffes. (Et du pont Champlain.)

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Brigitte Boisjoli a rejoint Philippe Laprise sur scène hier.

Comme une chanson

Confidence de fin de soirée de l’animateur : ça faisait longtemps qu’il souhaitait « écrire sa comédie musicale ». Son rêve est devenu réalité hier, alors qu’il a convié son amie Brigitte Boisjoli à monter sur scène avec lui. Surprise : la chanteuse s’est lancée dans une série d’anecdotes de type stand-up avec le naturel des professionnels (faut dire que ce n’est pas la première fois qu’elle se retrouve devant une foule). Cela dit, elle a enchaîné les classiques humoristiques (« Par applaudissements, qui ici a déjà… ») suivis d’une série de questions (... « été au Festival de Saint-Tite ? », « été en ménopause ? », « fait pipi en sautillant ? »). À ceux qui auraient cru que ses répliques étaient inscrites sur le télésouffleur, eh bien non. On ne pouvait qu’y lire des titres de thèmes tels « Les autographes bizarres » et « Le premier slow », choses que BB s’est employée à raconter avec son énergie signature.

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Patrick Groulx dans son rôle du curé Poirier 

Verdict

C’était bien la caaaarte blaaaanche de Philippe Laprise, qui semblait ravi de fêter avec ses copains – et un public de fort bonne humeur. Un public qui a d’ailleurs chaleureusement applaudi l’homélie du curé Poirier (lire : Patrick Groulx) qui a entremêlé « évangile selon saint Jean » et « floss » (comprendre : la danse), en parlant d’exploration du web dans ses bas-fonds et en tournant solennellement les pages de son livre sacré. Également acclamé : l’exposé sur le cinéma bollywoodien qui s’est mué en discours sur les méthodes de drague québécoises livré par Neev. Ce dernier a du reste offert une imitation imaginée parfaite de Falardeau recevant un hypothétique Oscar pour Elvis Gratton. Mais le King de la soirée, c’était quand même Laprise.