Le passage obligé de cette première journée d'Osheaga. Fallait sacrifier la performance de Japandroids pour attraper celle de la révélation pop canadienne de la saison, le rappeur aux racines somaliennes K'naan, propulsé par son incontournable hit Wavin' Flag, devenu l'hymne foot du commanditaire de boisson gazeuse et qu'on a entendu jusqu'à plus soif - pardonnez le jeu de mots, c'est le soleil qui tape.

Mis à jour le 31 juill. 2010
Philippe Renaud, collaboration spéciale LA PRESSE

Il l'a évidemment jouée, Wavin'Flag, au bout des quarante petites minutes qu'on lui avait offertes, et on se dit que ç'aurait été rigolo qu'il la balance dès le début du concert tant tout le monde n'attendait qu'elle, juste pour voir si le reste de son matériel a le même pouvoir d'attraction.

Entre reggae, rock-pop et rap, K'naan tire son épingle du jeu grâce à une présence scénique captivante. Son orchestre est modeste (cinq musiciens), mais fait bien le travail. L'enchaînement des chansons, lui, n'est pas encore au point; lorsqu'on joue si peu longtemps, il devrait être défendu de connaître un temps mort comme ce fut le cas après vingt minutes.

Mais lorsque les chansons sont énergiques, K'naan prouve qu'il a la graine de star. Puisant dans ses deux derniers albums (The Dusty Foot Philosopher et le plus récent, Troubadour, d'où est tiré son gros succès), le musicien chante et rappe avec bagout, un sourire constamment estampillé au visage. La foule en aurait pris plus longtemps, mais après un Jimmy Cliff mollasson, l'après-midi sur les grandes scènes manquait de rock et de muscle, ce à quoi les Montréalais de Stars semblent vouloir remédier à l'instant, devant une foule décidément plus imposante.