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La Caravane pour la paix s'arrête aux Nuits d'Afrique

Contingent musical aux racines blues et folk touareg,... (Photo: fournie par Nuits d'Afrique)

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Contingent musical aux racines blues et folk touareg, la Caravane pour la paix est une version réduite du fameux Festival au désert.

Photo: fournie par Nuits d'Afrique

Ils appellent ça la «Caravane pour la paix». Le nom n'aurait pu être mieux choisi, considérant la situation explosive qui sévit toujours au Mali, aux prises avec des factions armées islamistes. Mené par trois groupes originaires de la région de Tombouctou (Tartit, Imharhan et Mamadou Kelly), ce contingent musical aux racines blues et folk touareg sera assurément l'un des gros morceaux de ces 27es Nuits d'Afrique. Alors que le Mali s'apprête à élire un nouveau président, La Presse leur a parlé de chanson et de politique.

La musique du désert est le thème dominant de la programmation en salle des 27es Nuits d'Afrique. Et pour cause.

Les musiques sahariennes et subsahariennes soulèvent un intérêt croissant auprès des fans de musique en Occident. Tout récemment, les fans montréalais ont découvert le gnawi de l'Algérienne Hasna El Becharia. L'an dernier, ils applaudissaient la grande Khaira Arby de Tombouctou. Au fil des ans, ils ont découvert le blues-rock du désert avec les groupes touaregs Tartit, Tinariwen, Terakaft, Etran Finatawa et, plus récemment, Bombino que le célébrissime Dan Auerbach (The Black Keys) vient de propulser plus haut en réalisant son récent album.

Si la mouvance musicale des Touaregs touche plusieurs pays africains liés au Sahara, elle n'en demeure pas moins secouée par le récent conflit au Mali.

Crise et rébellion

Depuis un peu plus d'un an, le Mali subsaharien a connu les pires moments de son histoire moderne. En avril 2012, la rébellion touareg constituée du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et du mouvement salafiste Ançar Dine a conquis trois régions situées dans le nord du Mali. Les villes de Tombouctou, Gao et Kidal sont alors tombées aux mains des rebelles. Simultanément, l'armée malienne destituait le gouvernement central. L'indépendance de l'Azawad, le pays touareg tant espéré par la rébellion, fut proclamée.

Or, les islamistes radicaux ont eu tôt fait de chasser les militants du MNLA pour ensuite multiplier les exactions en y appliquant leur conception médiévale de la charia. En janvier dernier, l'armée française débarquait au Mali, progressait vers le Nord, chassait les islamistes des zones occupées.

La région n'en demeure pas moins instable depuis lors, d'où cette Caravane pour la paix, version réduite du fameux Festival au désert et dont le convoi artistique s'arrête aujourd'hui à La Tulipe avec Tartit, Imarhan et Mamadou Kelly. Tous interviewés avant leur arrivée.

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Mamadou Kelly : la politique? Connais pas...

Q : Votre regard sur la situation politique au Mali?

R : La politique, je ne connais pas ça. Je ne peux pas en parler. Il faut demander à ma guitare. Si j'ai des opinions? Peut-être. Mais je ne veux pas entrer dans les détails. La situation est trop compliquée...

Q : Que voulez-vous dire?

R : Entre nous, l'arrivée des islamistes a tout gâté. On ne peut pas dire qu'on va les faire disparaître, parce que, maintenant, ils sont partout: Mauritanie, Niger, Bamako, Mali du Nord... Honnêtement, je ne pense pas qu'un nouveau président va changer les choses. Tous les présidents sont les mêmes...

Q : Quel est le rôle des artistes dans cette bataille?

R : Notre rôle, c'est la paix. Rien ne vaut la paix. Maintenant, ça commence à changer. Beaucoup d'artistes lancent des messages partout dans le monde. Pas juste au Mali. Ce sont des chansons qui concernent tout le monde.

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Mohamed Issa (Imarhan) : «Il faut des élections justes»

Q : Comment évaluez-vous la situation au nord du Mali?

R : Pour le moment, c'est difficile. Le Nord continue d'être moins développé. Il y a des problèmes avec l'école, le système de santé. Un gros déséquilibre avec le Sud. Et aussi le problème de l'insécurité...

Q : Les élections du 28 juillet peuvent-elles changer les choses?

R : Déjà, au Mali du Nord, les gens ne votent pas beaucoup. Mais là, avec la saison des pluies qui commence, ce sera encore plus compliqué. [...] Pour que l'avenir soit meilleur, il faut des élections justes. Sauf qu'au Mali, ça se fait toujours par la corruption... À mon avis, la vraie solution serait une concertation de la société civile. Que tous les peuples du pays s'assoient ensemble pour la réconciliation. Les Peuls, les Touaregs, le gouvernement... Tout le monde.

Q : Quel est le rôle des artistes dans cette bataille?

R : On chante pour que les gens reviennent dans le pays, pour qu'ils y restent. On chante pour qu'il y ait cette paix et cette réconciliation.

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Fadimata Walett Oumar, leader de Tartit : «Il faut que ça se règle!»

Q : Quelle est votre lecture de la situation dans le nord du Mali?

R : Je vois un grand chaos. Il faut que ça se règle avec une plus grande autonomie des régions du Nord [...]. Depuis les événements de l'an dernier, je vis en exil au Burkina Faso. [...] Quatre membres de Tartit sont au Burkina Faso, trois autres sont exilés en Mauritanie, pendant que deux femmes du groupe sont rentrées à Bamako. La plupart d'entre nous ont le statut de réfugié. Le statut d'un mendiant, d'une personne qui n'existe pas...

Q : Avez-vous espoir que la situation se règle?

R : Bien sûr. Pour ce, on devra tenir compte des autres populations non touaregs. [...] Aujourd'hui, il faut faire avec les populations qui partagent notre territoire de vie. Je souhaite néanmoins un avenir meilleur pour le peuple touareg.

Q : Le rôle des artistes dans le processus de paix?

R : J'estime avoir un double rôle à jouer: femme leader et artiste. Je peux intervenir auprès de toutes ces femmes touaregs en exil qui ne cherchent que la paix.

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La Caravane pour la paix, version réduite du Festival au désert, est présentée ce soir, 20h, à La Tulipe.




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