Les vins québécois grands absents de Montréal en lumière

L'absence de tout produit viticole de la Belle... (Photo d'archives Le Soleil, Yan Doublet)

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L'absence de tout produit viticole de la Belle Province choque plusieurs producteurs québécois, alors que dans d'autres sphères, Montréal en lumière et le Carnaval de Québec se veulent un reflet du talent d'artistes et de créateurs d'ici.

Photo d'archives Le Soleil, Yan Doublet

Étienne Fortin-Gauthier
La Presse Canadienne

Vitrine exceptionnelle de la créativité des gens d'ici, le Carnaval de Québec et Montréal en lumière, n'ont offert sur leur site que des vins du Chili, de l'Argentine, de la France, de l'Espagne et des États-Unis, un choix inacceptable selon plusieurs producteurs viticoles québécois.

Pour prendre un verre, la majorité des visiteurs qui participaient à Montréal en lumière se dirigeaient au Bistro SAQ, placé en plein coeur de la Place des festivals. La carte des vins n'était composée que de vins espagnols, français, chiliens et argentins.

Au Carnaval de Québec, les vins proposés par le Bistro SAQ étaient aussi tous étrangers, soit de la France, de la Californie ou même de l'Afrique du sud.

L'absence de tout produit viticole de la Belle Province choque plusieurs producteurs québécois, alors que dans d'autres sphères, ces deux événements se veulent un reflet du talent d'artistes et de créateurs d'ici.

Ce choix est tout simplement «indécent», selon Denis Paradis, président de l'Association des vignerons de Brome-Missisquoi, plus importante région viticole de la province.

Selon lui, la Société des alcools du Québec, qui s'associe aux deux événements pour offrir des produits sous la bannière Bistro SAQ, a une obligation de promouvoir davantage les vins québécois.

M. Paradis estime que cette promotion du vin québécois devrait aller de soi, d'autant plus que les produits présents sur le site des deux événements sont donnés gratuitement par la Société des alcools dans le cadre d'une entente de visibilité.

«Très peu de vins du Québec sont proposés dans le cadre des commandites, il devrait y avoir au moins 25 pour cent de vins québécois offerts. Ça aiderait énormément les producteurs. Je ne comprends pas comment de grands événements peuvent vanter des vins étrangers sans même parler des nôtres. C'est décourageant», dénonce-t-il.

L'Association des vignerons du Québec s'étonne aussi de constater l'absence de vins d'ici sur le site des deux événements.

«On va devoir travailler sur ce dossier-là, c'est décevant. Si la SAQ offre de la visibilité aux vins étrangers, pourquoi pas à nous? Soyons chauvins! Il y aurait eu plusieurs vins d'ici qui auraient pu compétitionner avec ceux offerts», insiste le président de l'organisation, Charles-Henri de Coussergues.

La SAQ s'explique

La Société des alcools du Québec révèle que les vins qu'elle offre aux deux événements sont entre autres choisis en lien avec les promotions dans ses succursales, a fait savoir son porte-parole, Renaud Dugas.

Il affirme que la SAQ a suggéré une liste de produits à Montréal en lumière et au Carnaval. Les dirigeants des événements ont néanmoins leur mot à dire et peuvent proposer des produits. Par exemple, à Québec, le Carnaval était partenaire avec une entreprise viticole et un produit a été ajouté à la liste.

«Les produits sont en lien avec la thématique de l'événement. Quand c'est un événement avec un volet terroir, on met de l'avant des produits du terroir, sinon ce n'est pas le cas. On travaille à satisfaire les promoteurs et la clientèle», a-t-il dit.

Pour sa part, le porte-parole du Carnaval de Québec, Patrick Lemaire, soutient que son événement n'a pas pour mandat de mettre des produits québécois ou d'ailleurs à l'avant-plan.

«Il est important de préciser que le Carnaval n'est pas un événement qui a pour mission première de mettre en vedette des produits vinicoles. C'est une grande fête hivernale, qui met en valeur une panoplie de traditions québécoises et dont l'objectif principal est d'amener les gens à jouer dehors en hiver», a-t-il fait savoir.

Il ajoute que ce ne sont pas les vins qui sont les plus populaires sur le site de l'événement, mais plutôt des spiritueux.

«Notre plus gros vendeur sur le site est sans contredit le Caribou, un produit québécois. Le Sortilège est également très populaire», a-t-il affirmé. Au total, trois spiritueux québécois étaient offerts sur une dizaine d'alcools forts.

Au Festival Montréal en lumière, le seul produit québécois offert était un cidre de glace. Micheline Vallée, porte-parole de l'événement, soutient que des changements seront apportés dans le futur.

«Nous pouvons vous assurer que nous allons, tous ensemble, nous pencher sur la question pour les prochaines éditions, car nous souhaitons mettre en vitrine davantage les produits d'ici au fil des ans», a-t-elle fait savoir.

Comme au carnaval de Québec, Montréal en lumière dit avoir offerts lors de soirée spéciales des produits québécois. Des producteurs des Laurentides ont aussi offert leurs produits au Marché Jean-Talon lors d'une activité.

Une entente qui donne espoir

Le gouvernement du Québec a annoncé, en novembre dernier, qu'il versera 4,3 millions de dollars au cours des trois prochaines années afin de soutenir l'industrie viticole québécoise et augmenter la visibilité de ses produits dans les SAQ.

Le porte-parole de la SAQ soutient que cet engagement va transformer le paysage viticole en augmentant le nombre de bouteilles produites au Québec.

«On est dans un virage. Ça va aider à développer notre industrie, qui est quand même relativement jeune. Et on a vraiment l'intention de mettre de plus en plus de l'avant les vins québécois. Et ça va aussi se traduire par une plus grande visibilité dans les bistros SAQ», a assuré Renaud Dugas.

Charles-Henri de Coussergues, aussi producteur viticole au sein du vignoble l'Orpailleur, croit la SAQ et espère que cet engagement va réellement se traduire par plus de visibilité pour les produits québécois lors des événements culturels dans la province.

«Le gouvernement et la SAQ posent des gestes concrets pour offrir plus de visibilité à nos vins. C'est à nous de mettre encore de la pression auprès de la SAQ pour la sensibiliser et qu'elle nous offre cette visibilité. On ne peut cependant pas tout avoir d'un coup», croit-il.




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