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Hors-piste, cirque social: le vrai cirque de rue

Le projet Hors-piste, cirque social, permet à des... (Photo: Jean-François Mary, fournie par Cirque du Monde Montréal)

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Le projet Hors-piste, cirque social, permet à des jeunes de se soustraire un moment à la routine de la rue.

Photo: Jean-François Mary, fournie par Cirque du Monde Montréal

À l'entrée des locaux de l'organisme Cactus, de très jeunes hommes attendent l'ouverture de cette oasis en plein coeur du centre-ville, rue Sainte-Catherine Est.

Un étage au-dessus, dans le coin d'une salle de réunion, une chaise couverte de tapis gazon, épinglée de condoms et autres artefacts, voisine avec d'autres éléments de décor bricolés avec deux sous et beaucoup d'imagination.

«Pour ma gang, ce contexte de spectacle est mobilisateur. Cela permet de briser l'image que les gens ont de nous», résume Karine Lavoie, coordonnatrice de Cirque du monde Montréal, qui a rencontré La Presse en compagnie de Jean-François Mary, organisateur communautaire de ce centre qui vient en aide aux personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie.

Rue Sainte-Catherine Est, de jeunes artistes de cirque au parcours dit «alternatif» feront acrobaties, pyramides humaines, numéros de feu et autres gestes poétiques, dans un décor qu'ils auront créé eux-mêmes.

«Les jeunes participent à tous les niveaux: le montage, le démontage, la logistique, les prestations artistiques... Pour eux, il s'agit de faire la preuve par l'action. Mais c'est aussi un événement «multiâges», avec des artistes de cirque de valeur», poursuit Jean-François Mary, qui parle de ce projet comme d'«une occasion de défaire les blocages et de donner la place à la marginalité créatrice».

Les objectifs tout comme les bienfaits espérés d'une telle initiative sont aussi multiples que variés. Il y a bien sûr la volonté d'atténuer la tension entre les nouveaux résidants du quartier et les personnes marginalisées, de réagir au fameux syndrome du «pas dans ma cour» et de couper une douloureuse dynamique d'exclusion.

Alternative

De façon plus terre-à-terre, créer un projet de groupe permet aux jeunes de se soustraire un moment à la routine de la rue, à une vie menée sur le mode de la survie perpétuelle.

«Certains d'entre eux ont passé leur jeunesse dans des centres d'hébergement, avant d'échouer à 18 ans sur le trottoir, avec un sac-poubelle», rappelle Karine Lavoie, qui évoque avec pragmatisme le défi que représente pour certains le fait de s'investir dans un tel projet et l'obligation de ponctualité que cela entraîne.

«Au début, on leur demandait de s'engager pour des périodes aussi courtes qu'une semaine. Par la suite, on les a invités à s'investir pour deux mois et demi, ce qui était plus déstabilisant pour eux.»

«Évidemment, il faut s'attendre à en perdre certains en cours de route», ajoute placidement Jean-François Mary.

Or, malgré les inévitables écueils et défis qui vont de pair avec une telle initiative, Hors-piste a créé un engouement véritable et se poursuivra à travers l'organisation d'événements semblables. «Il y a une motivation qui est là, un effet de gang et d'appartenance, pour des gens qui n'avaient pas d'affinités au départ», conclut Karine Lavoie.

Hors-piste, cirque social, jusqu'au 23 juillet, dans différentes aires libres de la rue Sainte-Catherine Est.




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