Pier-Luc Funk animait hier soir son tout premier gala à Juste pour rire, à la salle Wilfrid-Pelletier. Le comédien avait choisi de faire une place de choix à de jeunes artistes, mais surtout à l'humour absurde. Coup d'oeil sur les bons et les moins bons moments de cette soirée plutôt réussie.

Mis à jour le 21 juill. 2018
Stéphanie Vallet LA PRESSE

Le verdict

La nouvelle formule des galas Juste pour rire nous a agréablement surprise. Le choix de donner carte blanche aux animateurs a porté ses fruits, offrant une formule moins lourde et moins convenue qu'avec des thématiques imposées. On salue tout particulièrement la signature visuelle du gala mis en scène par Jean-Philippe Baril Guérard et l'ajout d'un band sur scène qui a jazzé le thème de Juste pour rire. Ce gala pour amateurs d'humour absurde n'a assurément pas fait l'unanimité dans la salle. Le gala a souvent pris des airs de Zoofest avec sur scène des humoristes habitués du festival laboratoire. Très élégant dans son smoking, Pier-Luc Funk n'a pas toujours été très à l'aise dans son rôle d'animateur et a eu du mal à improviser sur scène lors de petits contretemps techniques. Il a tout de même offert un numéro d'ouverture honorable en révisant les scénarios de films à succès.

Le numéro le plus audacieux

Charles Pellerin a sans contredit été la plus belle surprise de cette soirée. L'humoriste a choisi de faire un retour sur #metoo, soulignant d'entrée de jeu que les allégations d'attouchements sexuels reprochés à Giovanni Apollo étaient passées dans le beurre. « Une semaine plus tard, on a appris qu'il s'appelait Jean-Claude et tout le monde s'est fâché ! », a-t-il lancé à la blague, avant d'imiter avec talent un gars sifflant une fille dans la rue. En parlant de porno féministe ou de consentement, Charles Pellerin prend des risques et touche dans le mille. On remarque, par contre, que le public semble assez déstabilisé par les thèmes abordés et ne sait pas toujours quand rire.

La fausse bonne idée

L'ajout à deux reprises d'un faux figurant interprété par Martin Boily venant s'incruster sur scène n'a pas du tout fonctionné et on n'a que très peu aimé le numéro de groupe sur le Far West où on tente de tourner à petit budget un film de cowboys. Un défi technique qu'on ne peut que saluer, mais dont l'effet comique n'est pas au rendez-vous. Que vient faire Maripier Morin au beau milieu de tout cela ?

Le numéro le plus surprenant

Le duo absurde Sèxe Illégal a assurément brillé avec un sketch sur la légalisation du cannabis. Il a offert une séance d'information hilarante sur le pot. « S'il y a quelqu'un qui meurt du pot, c'est que la police lui a tiré dessus », lance-t-il, proposant également de bons flashs comme « On ne conduit jamais après avoir fumé le pot. Tu appelles Yeux rouges. Y'a des bénévoles pour ça ! ». Le duo a terminé avec une chanson hommage au DIX30 qui nous a aussi beaucoup fait rire. « Pour les Montréalais, c'est un peu notre muraille de Chine, construit pour garder les mongols hors de Montréal », ont chanté en choeur les deux humoristes.

La valeur sûre du gala

Avec leur numéro sur la maladie mentale et la thérapie, Les Denis Drolet ont frappé fort en faisant une mise en scène chez le psychologue. De l'humour absurde à son meilleur qui se termine par un sketch hilarant avec une marionnette possédée.

La première ovation

C'est pour Arnaud Soly que le public de la salle Wilfrid-Pelletier a choisi de se lever pour la toute première fois, hier soir. Avec son regard sur les boomers et la technologie, l'humoriste n'offre pourtant pas le numéro le plus original du gala, mais il propose tout de même de très bonnes lignes. « Ludovictor. Ce n'est pas un nom, c'est un compromis. C'est certain qu'il a été conçu un jeudredi », lance-t-il.

À laisser encore un peu mijoter

Fidèle à son personnage de nunuche, Rosalie Vaillancourt a d'entrée de jeu donné le ton en précisant que c'était son premier gala Juste pour rire parce que « l'année passée, [elle] avai[t] trop peur de [s]e faire pogner les fesses ». Relatant ses expériences avec ses ex, l'humoriste fait rire, mais manque un peu de rythme dans la livraison de son texte. Son copain Pierre-Yves Roy-Desmarais l'a suivie sur scène pour parler de chiens. On a tout particulièrement aimé son imitation du shih tzu, mais on se serait passée de la fin de son numéro chanté sur un blind date. Enfin, Yannick De Martino nous a ravie, mais a eu beaucoup de mal à embarquer le public dans son délire. Les spectateurs semblaient avoir beaucoup de mal à le suivre dans ses remarques sur l'absurdité de certaines habitudes alimentaires.

Photo Éric Myre, fournie par Thara Communications

Charles Pellerin a pris des risques hier et a touché dans le mille avec son audacieux numéro sur #metoo.

PHOTOGRAPHE OLIVIER PONTBRIAND, La Presse

Rosalie Vaillancourt en était à une première présence dans un gala Juste pour rire hier.

Carte blanche à Pier-Luc Funk

Mise en scène: Jean-Philippe Baril Guérard

Ils étaient présents sur scène: Rosalie Vaillancourt, Pierre-Yves Roy-Desmarais, Yannick De Martino, Arnaud Soly, Charles Pellerin, Maripier Morin, Les Denis Drolet, Sèxe Illégal, Didier Lambert

À la salle Wilfrid-Pelletier hier soir