Accueilli comme une rock star par le public de la salle Wilfrid-Pelletier jeudi soir, Eddie Izzard est arrivé sur scène sous une pluie d'applaudissements, et a ouvert son gala en se moquant aussi ouvertement qu'affectueusement du Canada.

Stéphanie Vallet LA PRESSE

Le plus francophile des humoristes britanniques a fait une place de choix au français lors de cette soirée, en s'exprimant ici et là dans un français impeccable. Pas étonnant si on sait que celui qui joue à guichets fermés autant en Angleterre qu'aux États-Unis a fait une tournée en France avec son dernier spectacle.

L'humoriste a commencé en revisitant à sa manière l'histoire de l'humanité avec un grand H, notamment celle des grands rois d'Europe au XVIIIe siècle, en précisant qu'il était d'ailleurs de bon ton à l'époque de parler la langue du Roi Soleil.

Le premier invité de la soirée s'appelle Jean-Paul. Le Canadien originaire de Trinidad n'a pas manqué de faire rire le public, en s'excusant d'entrée de jeu de ne pas parler français. «C'est très insultant d'aller dans une ville où tout le monde prononce mieux ton nom que toi», dit-il.

Des anecdotes de couple à son voyage en Israël, il a complètement embarqué le spectateur dans son délire au pied du mur des Lamentations.

Un numéro suivi par celui du Malaisien Ronny Chieng qui a énuméré les inventions que le monde doit aux Asiatiques. L'humoriste a fait sourire timidement avec son sketch sur la relation complexe de sa mère avec l'internet.

L'Australien Rove McManus a enchaîné avec un sketch qui ne passera pas à l'histoire, se moquant des vampires de Twilight.

Après une vingtaine de minutes moins entraînantes, le très attendu Franco-Marocain Gad Elmaleh a fait son entrée pour offrir au public sa toute première prestation en anglais.

L'humoriste a fait une imitation hilarante des Québécois parlant en anglais que la salle a chaudement applaudie. Poursuivant dans sa lancée, il a enchaîné les gags dans un anglais parfait et avec une aisance déconcertante, sans pour autant changer de style.

Il aura droit, et avec raison, à la plus grande ovation de la soirée.

Autre succès de la soirée: la Canadienne résidant à New York Sabrina Jalees a présenté un audacieux numéro dans lequel elle a parlé de son homosexualité.

«Mon père est musulman et il s'attend à ce que j'aie 10 femmes», a-t-elle lancé d'entrée de jeu. L'humoriste a parlé de sa compagne qu'elle a épousée et de son envie d'avoir un enfant avec elle. «Pour que mon enfant me ressemble à 50%, j'ai besoin du sperme de mon frère», s'est-elle amusée.

Grande déception, par contre, avec le Sud-Africain Trevor Noah qui a offert une prestation visiblement peu préparée et qui a choisi de s'en prendre à Montréal, qu'il considère comme étant trop francophone.

Le gala s'est terminé sur un autre bémol avec le New-Yorkais Colin Quinn dont l'humour manquait cruellement de subtilité jeudi soir.

Ce gala plutôt réussi nous aura fait voyager grâce à des artistes des quatre coins du monde, et prouve une fois de plus qu'on peut faire rire dans plus d'une langue.