Tony Légal et Paul Sèxe entrent sur scène sur l'air de Mrs Robinson pour présenter leur spectacle Unplugged in New York à Montréal, un show «à la fois public et privé, un show PPP», disent-ils pour commencer.

Éric Clément LA PRESSE

Et c'est parti pour une heure loufoque avec le duo Sèxe Illégal devant une salle comble et un public qui sera pleinement comblé. Les deux humoristes ont encore fait mouche...

«Toujours commencer avec un hit, on a appris ça de Sylvain Cossette!», lance Tony Légal avant de démarrer leur tube philosophique Tu bandes mou.

Puis Longueuil Câlisse, la reprise adaptée rive-sud des Clash, avant que Paul Sèxe, avec sa cravate entre les jambes et ses pieds nus, fasse un faux coming-out que Tony Légal conteste fortement en vérifiant la tendance sexuelle de son ami avec quelques questions. Exemple: «Comment t'as trouvé le dernier film de Xavier Dolan?», «En demandant au commis du club vidéo», lui répond Paul Sèxe, avant d'être embrassé goulûment par son acolyte quelques instants plus tard!

Du coup, de la fausse homosexualité de Paul, on passe au sida avec un hommage aigre-doux à Freddy Mercury. Des paroles très «huitième degré» qu'il vaut mieux (comme tout le reste) ne pas prendre au pied de la lettre.

Plus drôles, la chanson tirée des Wings, Bernard Derome, «dont on a jamais vu les jambes», et leurs avertissements aux parents quant au danger des nains pédophiles...

S'ensuit leur célèbre Paraplaisir, chanson ironique sur un handicapé en fauteuil roulant, puis une toune en faveur de l'environnement dédiée à David Suzuki, «le seul Chinois vert».

Quand Paul Sèxe veut créer une pièce en direct, Tony Légal lui lance: «On ira plus manger chez Serge Postigo, il a une mauvaise influence sur toi». Un bon moment du show avec une succession de jeux de mots sexuels ras les pâquerettes. Exemple: «l'école de lutte est russe»...

Ils racontent n'importe quoi, transforment la réalité en une bulle fantastique et absurde («Ça existe pas une orange, c'est juste une mandarine vue de proche») et créent un dialogue surréaliste («Quand un musicien est pédophile, il joue tout en mineur»), le tout avec un sens du tragique et de la théâtralité très singulier.

On entre ou pas dans cet univers de BD flyée. On accepte ou pas de manger leurs couleuvres et de prendre leurs vessies pour des lanternes. On s'offusque ou pas de leurs grossièretés, de leur impertinence ou de la mauvaise haleine de certaines de leurs allusions.

En tout cas, leurs textes, aussi décousus ou extrêmement décentrés soient-ils, sont bien écrits, punchés, souvent drôles et même parfois lucides. Et dans une langue parlée (évidemment et fort heureusement) par seulement deux individus sur la planète.

Ceci dit, Paul Sèxe est un sacré guitariste...et le spectacle, un bon moment musical présenté par un duo...malade mental! Des supplémentaires peut-être?

Sèxe Illégal dans Unplugged in New York à Montréal, jusqu'au 21 juillet au Studio théâtre de la Place des Arts.