Dans le tout petit Théâtre Sainte-Catherine, un gars vêtu d'une veste de cuir et portant des verres fumés déboule d'un escalier en colimaçon, passe en trombe entre deux îlots de spectateurs et monte sur la minuscule scène où l'attendent trois téléviseurs, une chaise rouge et un minimum d'accessoires. Ce n'est pas Bono ni un imitateur, mais l'ultime fan de U2, comme il s'en confessera tout au long de ce spectacle pas comme les autres présenté dans le cadre de Zoofest.

Alain De Repentigny LA PRESSE

Pendant un peu moins d'une heure, Stéfan Cédilot racontera son parcours d'inconditionnel du groupe irlandais depuis l'ado qui a découvert dans Rattle and Hum des clés qui lui seraient utiles pour parfaire sa connaissance limitée de la musique et du monde qui l'entoure. Ce disque qui a changé sa vie l'incitera à passer une nuit glaciale de janvier à l'extérieur du vieux Forum pour se procurer des billets en prévision de son premier show de U2, en mars 1992. Une quinzaine d'années plus tard, sa passion le poussera à faire de son groupe préféré le sujet d'un mémoire de maîtrise et de cette création théâtrale. L'analyste qui a tout compris des codes de U2 redeviendra quand même le fan fini qu'il a toujours été dès le début du spectacle des quatre Irlandais à l'Hippodrome de Montréal, en juillet 2011.

Conteur rock'n'roll

Ce monologue serait sans doute moins intéressant s'il n'était aussi bien écrit et joué avec autant de conviction par un auteur qui se défend pourtant d'être un acteur, mais se définit plutôt comme un conteur rock'n'roll. On entend bien çà et là quelques musiques de U2 qui correspondent au parcours dans le temps du fan et on voit défiler sur les écrans de télé des images muettes de quelques-uns des concerts du groupe, mais l'essentiel est ailleurs.

Cédilot met la table en tissant une courtepointe dans laquelle des extraits de textes de U2 illustrent son propos. Ces clins d'oeil lui gagnent un public déjà vendu à la cause de U2 qui, par la suite, rira souvent des excès du fan ultime et de la fantaisie de sa mise en scène minimaliste, et appréciera les bribes de la genèse de U2 que le conteur partagera avec lui.

L'exercice est évidemment plus naturel quand la représentation est en anglais, comme elle l'était jeudi et vendredi, et il sera intéressant de voir comment Cédilot s'en tirera quand il donnera pour la première fois son U2 Show en français, aujourd'hui, demain et mercredi. N'empêche, à coups d'anecdotes, de réflexions et d'élans du coeur, ce spectacle et son créateur parviennent à toucher une corde sensible chez les spectateurs qui se reconnaissent dans ce fan fébrile qui revit son adolescence par la musique des quatre Irlandais.

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Le U2 Show, au Théâtre Sainte-Catherine, aujourd'hui, demain et mercredi à 22 h.