Fabien Marsaud, alias Grand Corps Malade, a tourné le clip de sa chanson À Montréal, hier. Mise en musique par Yann Perreau, la pièce figure sur le dernier album du slameur, 3ème temps, paru l'automne dernier. «Nous sommes en plein tournage. Ils m'attendent», a-t-il blagué au moment où nous l'avons attrapé, entre deux prises de vue.

Émilie Côté LA PRESSE

Réalisé par son fidèle collaborateur Medhi Idir, le clip a été tourné «dans les quatre coins de la ville». «Cela débute par une maquette de Montréal dans laquelle j'entre, mais je n'en dis pas plus», indique Grand Corps Malade.

«Il y a plus de sourires qu'à Paris, et surtout il y a leur accent [...]. Pour l'accent, je sais leur secret. Ils ont trop de souplesse dans les joues», déclame le chanteur-poète dans À Montréal, où il se décrit comme «un touriste plein d'amitié» dans une ville qui l'a «adopté».

Yann Perreau à la musique

«Quand j'ai écrit le texte, j'ai demandé à Yann Perreau d'écrire la musique. Il connaît mieux Montréal que moi, indique le slameur-poète. Sa musique a su prendre le regard d'un touriste qui vient et qui voyage.»

Ce soir, Yann Perreau montera sur la scène du Théâtre Maisonneuve pour À Montréal. Grand Corps Malade et lui interpréteront aussi la chanson à Paris, le 21 juin, au cours du spectacle conçu par Monique Giroux pour le 50e anniversaire de la délégation du Québec à Paris.

Deux fois lauréat du Félix de l'artiste de la francophonie s'étant le plus illustré au Québec, Grand Corps Malade dit vivre une «histoire d'amour entre le public québécois, le slam» et lui.

«Les Québécois aiment le slam. Ils défendent leur langue», dit-il.

Avec son premier album, Midi 20, paru en 2006, Grand Corps Malade a séduit des centaines de milliers d'oreilles avec sa plume imagée, trempée dans le réel, et son ton de voix magnétique. Il est devenu une figure de proue du slam. Avec ses albums, il explore toutefois un «dérivé» musical du slam, rappelle-t-il. Mais Grand Corps Malade s'adonne encore au slam «pur et dur» dans les petits bars où tous peuvent participer.

Studio «live»

Pour 3ème temps, le chanteur-slameur a travaillé avec le réalisateur Dominique Blanc-Francard. «En studio, on a enregistré dans les conditions du live», précise-t-il. En plus d'une collaboration avec Yann Perreau, on trouve un duo avec un grand monument de la chanson, Charles Aznavour.

«J'ai eu l'occasion de le croiser plusieurs fois, raconte Grand Corps Malade. Quand je lui ai parlé de faire un duo, il m'a dit: «Pas de problème, mais c'est vous qui écrivez le texte.» Ça mettait une certaine pression!»

Pour Fabien Marsaud, beaucoup de choses ont changé, mais sa relation à l'écriture reste la même.

«Le slam est à la frontière de plein de disciplines. La musique me permet de faire des collaborations, mais ça ne change pas l'écriture. Au moment où j'écris mes textes, je suis seul.»

Grand Corps Malade au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, ce soir, à 20h.