L'aventure collective des Douze hommes rapaillés compte parmi les plus réussies de la chanson québécoise. Marc Béland, qui a rapaillé les chansons pour la scène, lève le voile sur la deuxième mouture du spectacle consacré à Miron.

Alexandre Vigneault LA PRESSE

Douze hommes rapaillés, depuis le début, n'est pas un hommage comme les autres. Cet effort collectif a d'abord donné naissance à deux compilations d'une qualité exceptionnelle truffées de perles telles qu'Au sortir du labyrinthe (par Vincent Vallières), Au long de tes hanches (par Louis-Jean Cormier) ou encore Art poétique (par Martin Léon). La transposition scénique créée aux FrancoFolies de 2009 a ensuite connu un tel retentissement qu'elle commande une version augmentée.

Ce nouveau spectacle consacré aux Douze hommes rapaillés inclura les 24 poèmes de Gaston Miron mis en musique par le compositeur Gilles Bélanger et comptera un segment bluegrass inédit, imaginé par Louis-Jean Cormier (Karkwa), au cours duquel tous les «hommes rapaillés» se rassembleront autour d'un seul micro.

«On a alors accès à la poésie de Gaston et à la fragilité des chanteurs. Ils l'ont fait à Ottawa et les gens capotaient, assure Marc Béland, qui signe de nouveau la mise en scène du spectacle. Voir ces 15 gars attroupés autour du micro, ces grands auteurs-compositeurs au service de Gaston, c'est vraiment touchant.»

Miron au quotidien

Pour le reste, le metteur en scène a changé très peu de choses. Les 12 interprètes demeurent en scène pendant toute la durée du spectacle et il a gardé l'idée d'inclure des extraits d'archives télévisuelles dans lesquelles le poète se livre. «On s'approche à la fois du personnage et de l'humain à travers ces clips, fait-il valoir. On démystifie un peu l'image qu'on peut avoir du poète et de la poésie. Gaston Miron est très proche du corps, de la physicalité de la poésie. Il n'est pas prétentieux. Il est même un peu cabotin...»

Ces clips qui montrent un Miron au quotidien contribuent curieusement beaucoup à la solennité du moment. «J'ai essayé qu'on ne redescende pas de l'endroit où mènent la poésie et la musique», confirme Marc Béland. Pour protéger cette ambiance fragile, il a même rejeté l'idée de faire lire des textes par les interprètes et continue à leur imposer un silence respectueux en dehors des chansons.

Demain et samedi au Théâtre Maisonneuve.