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Festival de Lanaudière: foudroyant Mahler

L'OSM et son chef Kent Nagano hier soir... (PHOTO CHRISTINA ALONSO, FOURNIE PAR LE FESTVIAL DE LANAUDIÈRE)

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L'OSM et son chef Kent Nagano hier soir au Festival de Lanaudière.

PHOTO CHRISTINA ALONSO, FOURNIE PAR LE FESTVIAL DE LANAUDIÈRE

Claude Gingras
La Presse

Le «Malher» que le Festival de Lanaudière annonçait hier soir sur son programme imprimé, et jusque sur ses écrans géants, prêtait à un calembour bien...malheureux. Est-il possible qu'un organisme sérieux orthographie encore de travers, en 2014, un nom aussi universellement connu que Mahler?... Hélas! oui.

Ce cas d'inexplicable amateurisme ne doit cependant pas faire oublier le franc succès du deuxième et dernier concert de l'Orchestre Symphonique de Montréal cet été au Festival. Ce deuxième concert, Kent Nagano l'avait consacré à cette deuxième Symphonie que Mahler a imaginée comme une immense progression vers la lumière et intitulée Résurrection. Suivant la formule habituelle, l'oeuvre en cinq mouvements totalisait une heure et demie, était donnée sans entracte et occupait seule la soirée.

Le beau temps aidant, il y avait là plus de 4000 personnes. Mieux encore: l'écoute fut des plus attentives et on n'eut jamais à déplorer ces détestables applaudissements entre les mouvements qui ruinent l'atmosphère. Mais à la toute fin, oui: une ovation à tout casser, en accord avec ce qu'on venait d'entendre.

C'était la troisième fois que Nagano dirigeait la Résurrection à l'OSM. Il l'avait programmée en 2007 à la salle Wilfrid-Pelletier et en 2012 à la Maison symphonique. Nagano est ainsi passé d'une salle médiocre (W.-P.) à une acoustique idéale (la Maison s.) et finalement à un cadre sonore tout aussi exceptionnel se doublant du grand espace (ce qu'est l'Amphithéâtre).

Logiquement, cette troisième opération devrait correspondre à la «progression vers la lumière» dont nous venons de parler. Dans son ensemble, la réussite de Nagano est indéniable. D'un OSM augmenté à plus de 100 musiciens, y compris beaucoup de surnuméraires aux cuivres et aux percussions, il tire une puissance absolument foudroyante qui se répercute certainement au-delà des limites de l'Amphithéâtre. On a parlé la semaine dernière de bruits gênants provenant d'un territoire voisin. On entendit encore de ces bruits, mais, cette fois, il semble bien que ce Mahler de cataclysme ait eu le dernier mot!

Donc, absolument fracassante, cette Résurrection. Mais il y a davantage dans la partition: de l'émotion, de la délicatesse, du charme, toutes choses qui échappent encore à notre maestro, comme lors de ses deux précédentes lectures. Car il s'agit, comme toujours, de lectures. Nagano dirige en tournant les pages de la partition, alors que cette partition, d'autres l'ont bien dans la tête et dans le coeur. Un chef qui dirige ainsi me fera toujours penser à un comédien qui jouerait avec son texte dans les mains.

Chose certaine, ce Mahler fait un bruit incroyable. Concernant l'exécution, elle démarre par quelques légères imprécisions entre les groupes mais se raffermit bientôt. Deux couacs de la clarinette en mi bémol, là précisément où Mahler écrit «avec humour», font sourire. Des détails. Tout l'orchestre sonne magistralement, avec des cordes somptueuses et des effets de lointain très réussis chez les cuivres.

Immobile au fond du plateau pendant plus d'une heure, le grand choeur mixte n'intervient qu'à la toute fin, promettant la «vie éternelle» d'abord dans le murmure et graduellement dans une clameur aussi écrasante que celle de l'orchestre. Préparée par Andrew Megill, la formation (appelée ici «Ensemble choral du Festival») affiche une homogénéité et une justesse rares.

Impeccables, aussi, les tardives interventions des chanteuses canadiennes Erin Wall et Susan Platts. Celle-ci possède une longue expérience locale de la Résurrection, l'ayant chantée non seulement avec l'OSM mais encore avec l'OM et l'OSQ.

Après le très long premier mouvement, Nagano fait la pause d'«au moins cinq minutes» indiquée par Mahler. Le compositeur voulait ainsi créer un effet. Cette fois, l'arrêt permet aux nombreux retardataires de gagner leurs places.

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ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL et ENSEMBLE CHORAL DU FESTIVAL (dir. Andrew Megill). Chef d'orchestre: Kent Nagano. Solistes: Erin Wall, soprano, et Susan Platts, mezzo-soprano. Hier soir, Amphithéâtre Fernand-Lindsay de Joliette. Dans le cadre du 37e Festival de Lanaudière.

Programme:

Symphonie no 2, en do mineur, avec deux voix solistes et choeur (Auferstehungs-Symphonie) (1888-1894) - Mahler




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