La musique chorale attire habituellement de fortes assistances chez nous. Même chose pour le très médiatisé Alexandre Tharaud, indépendamment de ce que ce pianiste français représente comme valeur musicale.

Mis à jour le 1er août 2013
Claude Gingras LA PRESSE

Double surprise mercredi soir à l'Église de l'Assomption, où l'on ne comptait qu'une centaine de personnes pour la première visite ici du choeur de chambre Les Éléments, de Toulouse, dont M. Tharaud était le soliste.

Présenté par le Festival de Lanaudière, le concert proposait pourtant un programme original, comme doit le faire, justement, un festival. La première moitié, en hommage à Poulenc pour le 50e anniversaire de sa mort, réunissait quelques-unes de ses oeuvres pour choeur a cappella. Après l'entracte, l'ensemble toulousain et M. Tharaud reprenaient une oeuvre du compositeur français Thierry Pécou qu'ils viennent de créer en France.

Fondé et dirigé par Joël Suhubiette, le choeur peut compter jusqu'à 40 chanteurs, selon les oeuvres. Pour le présent programme, ils étaient 24: 12 hommes et 12 femmes. Sans être excessive, la réverbération de l'église presque vide affectait jusqu'à un certain point la clarté des lignes et celle des textes chantés, qu'on cherchait en vain dans le programme.

Le choeur est d'une bonne tenue, mais non exceptionnel. Il y eut quelques attaques imprécises et quelques légers écarts de justesse. Entendues isolément ou par petits groupes, les voix sont bonnes. Concernant l'homogénéité, le Studio de musique ancienne et le Choeur de l'OSM sont nettement supérieurs.

Malgré ses présentations plutôt gauches, le chef a apporté le maximum de relief au groupe Poulenc, lequel formait pourtant un ensemble bien inégal.

Le «concerto» pour piano et choeur de M. Pécou, présent au concert, dure 33 minutes. Là encore, absence des paroles dans le programme, où il est dit cependant que le texte décrit l'«anéantissement brutal» d'une ancienne civilisation mexicaine. Le tout se ramène à un affrontement entre le piano et l'«orchestre» choral, qu'interrompent quelques accalmies. Mais le résultat n'offre rien d'original et le compositeur rate maintes occasions de finir. Souvent traité à la Messiaen, le piano a ici le beau rôle, éclipsant même le choeur pourtant très affairé. Et ce rôle, il faut bien l'admettre, M. Tharaud l'a joué avec une force herculéenne.

Le petit Bach, en rappel, était superflu.

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CHOEUR DE CHAMBRE LES ÉLÉMENTS. Dir. Joël Suhubiette. Soliste: Alexandre Tharaud, pianiste. Mercredi soir, Église de L'Assomption. Dans le cadre du 36e Festival de Lanaudière. (Radiodiffusion: Radio-Canada, 14 août, 20 h.)

Programme:

Messe en sol majeur (1937), Un soir de neige (1944), Sept Chansons (1937), pour choeur a cappella - Poulenc

Le visage - le coeur, pour piano et choeur (2013) - Pécou