Pour amorcer cette vadrouille de jeudi, on nous propose un menu de choix au Gesù : Jonathan Blake, batterie, Jonathan Kreisberg, guitare, Dr. Lonnie Smith, Hammond B3 pour les deux mains et percussions pour la main droite, Chris Potter, saxo ténor.

Publié le 5 juill. 2018
Alain Brunet LA PRESSE

Difficile d'imaginer meilleur alignement autour de l'orgue jazzy funk. Un des meilleurs trios actifs de cette configuration, un des meilleurs saxos ténors sur Terre... idéal sur papier! Idéal sur scène ? Aussi.

D'entrée de jeu, nous sommes ici très près des formes originelles de ce sous-genre propulsé à la fin des années 50 par Brother Jack McDuff, Larry Young, Jimmy McGriff et autres Jimmy Smith. 

Dr Lonnie Smith avait lui-même émergé peu après cette première vague, mais on peut l'y associer directement malgré sa grande ouverture à plusieurs autres étapes subséquentes du jazz moderne et de la pop de qualité qui l'inspirent.

On aura droit à un Mellow Mood « pas si moelleux » à bien y penser, nous aura confié le Turbanator, lui-même étonné de l'entrain généré par l'apéro. Au cours de la première demi-heure, Chris Potter se laissera lentement entraîner dans cette rencontre originelle entre R&B et jazz par le biais de la Hammond B3. Rythmes légers, entraînants, optimistes, typiques des années 60. Pour sa part, le guitariste Jonathan Kreisberg joue parfaitement son rôle d'accompagnateur ou de soliste, tant sur le plan du soutien harmonique que de l'articulation mélodique.

Le groove un peu plus lent de la pièce suivante est une simple énonciation harmonique, mais gorgée de soul afro-américain, propice au décollage de Chris Potter qui nous servira une impro desgrands soirs. La suite sera plus complexe; cette spatialisation à la sauce In A Silent Way introduira  le thème Straight No Chaser de Thelonious Monk, enchaînée de solos bien sentis de Chris Potter, Jonathan Blake et du bon Docteur.

Les chaînes étaient rompues, nous étions partis pour la gloire, à tout le moins pour trois soirées de plaisir consommé.