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Archie Schepp : nourrir son mythe...

Dans une Maison symphonique  légèrement clairsemée, Archie Shepp oeuvrait hier... (Photo Alexis Aubin)

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Photo Alexis Aubin

Dans une Maison symphonique  légèrement clairsemée, Archie Shepp oeuvrait hier de concert avec Carl Henri Morrisset, piano, Avery Sharpe, contrebasse, Ronnie Burrage, batterie. Nous avions devant nous un mythe vivant, saxophoniste légendaire, de sucroît l'un des plus fervents porte-paroles et idéologues de la « new thing » au début des années 60.

Encore et toujours critique à l'endroit de l'élite blanche américaine, farouchement opposé à un ordre plus établi que jamais, Archie Shepp n'est plus un révolutionnaire de la musique, enfin au sens formel. Sauf exceptions dans le répertoire suggéré, il a réintégré les rangs du jazz moderne depuis des lustres.  Renchérissons : son jeu n'a plus grand-chose à voir avec celui de ses contemporains atypiques tels le saxophoniste assassiné Albert Ayler ou encore le pianiste Cecil Taylor qui nous a quitté ce printemps. 

Tiré à quatre épingles, coiffé d'un joli panama, il s'adresse en français à l'auditoire (il fréquente Paris comme on le sait),  puis chante Don't get Around Much Anymore  ou Come Sunday, de Duke Ellington, après avoir soufflé un hard bop bien senti, enfin... dans les limites de ses capacités octogénaires, somme toute acceptables.

Après quoi il reviendra à l'un de ses sujets récurrent : sa grand-mère floridienne, descendante d'esclaves, qui lui inspire le titre Revolution, pièce très coltranienne qu'il jouera au saxophone soprano, au sein de laquelle s'exprime son excellent pianiste avec le soutien d'Avery Sharpe, contrebassiste hors pair longtemps aux côtés de McCoy Tyner, sans compter Ronnie Burrage, percussionniste archi-compétent. Il se met alors à chanter l'air de cette complainte érotico-politique sur la condition afro-américaine et conclut en implorant Mama Rose.

La suite sera nuyoricaine; Archie Shepp reprend son ténor et se fraie un chemin sur un rythme latin jazz. Cette pièce lui impose des impros aléatoires pour ainsi éviter les pièges des changements harmoniques inhérents à la forme imposée. Le résultat se tient, pourtant,  Le vieux saxophoniste, homme réputé pour sa verve et sa vivacité d'esprit,  connaît assez de repères dans le jazz moderne ou contemporain pour ne pas avoir l'air diminué.

Le jeu de ténor ici proposé, en fait, n'est pas virtuose et ne l'a jamais été. Cette voix de chanteur est souvent approximative, crooner approximatif d'une autre poque. Encore là, Archie Shepp peut parfois en extirper de la beauté, tirer son épingle du jeu dans ses épais vibratos. 

Le vieux loup sait encore nourrir son mythe...




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