À l'évidence, il y a une grande soif du public pour ces musiques électro-instrumentales, aux structures relativement simples, au propos encore plus minimaliste que celui que proposent les compositeurs minimalistes reconnus. En voici un bel exemple, vécu hier dans une Maison symphonique remplie à ras bord.

Mis à jour le 30 juin 2018
alain brunet

Ólafur Arnalds est de ces concepteurs vedettes qui remplissent les amphithéâtres du monde entier en proposant ces nouvelles approches simples et conviviales. Le public du musicien islandais est d'ailleurs similaire à celui de Jean-Michel Blais, puisque sa proposition est aussi au carrefour de la pop instrumentale, de l'électro-ambient et du néoclassicisme.

Ses connaissances harmoniques et pianistiques sont toutefois plus minces que celles de son collègue québécois. Même s'il bénéficie de moyens plus considérables pour faire valoir ses oeuvres, son approche compositionnelle est aussi plus mince, pour ne pas dire banale ou carrément ennuyeuse par moments.

Néanmoins, il est un mélodiste aguerri et peut compter sur un bon instinct de créateur; depuis la décennie précédente, il a compris qu'il pouvait faire du chemin avec une approche combinant les musiques tonales romantiques sans complexité et les sédiments de sons synthétiques avec une instrumentation classique (piano et quatuor à cordes dans le cas qui nous occupe), une instrumentation pop (percussions et synthés) ou même avec des logiciels générant des phrases musicales complémentaires au jeu du piano - comme on l'a constaté hier.

La leçon de Ry Cooder

Pendant ce temps, au Théâtre Maisonneuve, se tenait une rencontre d'un tout autre type. Après qu'on lui a décerné le Montreal Jazz Festival Spirit Award, s'est illustré le légendaire guitariste, as de la slide, compositeur, réalisateur et directeur artistique Ry Cooder, celui-là même qui a créé la bande originale du film Paris, Texas, celui-là même qui a été déterminant dans l'envol occidental d'Ali Farka Touré et du Buena Vista Social Club.

Festin de blues au programme, mais aussi de country, de folk ou même de R&B sudiste, gracieuseté des Hamiltones. Les voix du soliste californien et de ce superbe trio issu de Caroline du Nord étaient accompagnées par des musiciens chevronnés dont le fiston percussionniste (Joachim, qui assurait la première partie) et le multi-saxophoniste Samuel Gendel.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

« Au plus grand bonheur de son public qui ne le voit pas souvent monter sur scène, Ry Cooder aura donné une leçon magistrale de musique populaire ayant fleuri à l'intérieur des terres américaines », écrit notre journaliste.