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John Medeski, musicien multiple

John Medeski... (Photo fournie par le Festival de jazz)

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John Medeski

Photo fournie par le Festival de jazz

La liste des réalisations de John Medeski, multi-claviériste, compositeur, improvisateur, sideman et leader d'orchestre, est plus que considérable.

Il compte plus d'une vingtaine d'enregistrements avec le célébrissime trio Medeski, Martin & Wood. Il a collaboré à près d'une vingtaine d'enregistrements pilotés par le grand John Zorn, sans compter ses innombrables collaborations avec John Scofield, James Carter, l'orchestre de chambre Alarm Will Sound, Bela Fleck et Cibo Matto.

Voilà qui justifie amplement ces trois concerts présentés cette année dans le cadre de la série Hommage du FIJM, et ce, à compter de demain. Voilà qui justifie également cette conversation téléphonique.

«Je me sens à l'aise dans différents genres musicaux. Pour moi, cette ouverture à tous les styles a toujours été un bonheur, une chance inouïe de m'exprimer.

Il poursuit: «Depuis mon enfance et mon adolescence à Fort Lauderdale, où j'ai grandi, j'ai toujours aimé jouer de tout: musique classique, jazz, musique de fanfare, comédies musicales, musiques de théâtre, musiques d'ambiance pour les cocktails et les mariages. Tout ce que j'écoute a un impact sur moi, sur ma musique.»

Adolescent au tournant des années 80, Medeski avait même joué avec feu le superbassiste Jaco Pastorius, qui revenait régulièrement à Fort Lauderdale, d'où il était aussi originaire.

«Il brillait alors au sein de Weather Report et dirigeait son propre groupe Word of Mouth, je n'avais que 15 ans et il m'avait permis de jouer avec lui. Il fut pour moi très inspirant, très gentil avec moi, courtois, soutenant et fou dans le bon sens du terme. Magnifique virtuose, tragiquement disparu.»

John Medeski n'a certes pas suivi la voie unique du jazz fusion de son mentor, il a exploré moult tendances et sous-tendances du jazz et de la musique improvisée. As de l'orgue Hammond B3, pianiste aguerri, il utilise une variété impressionnante de claviers - piano électrique Wurlitzer, mellotron, Mini Moog, clavinet, ARP String Ensemble, Moog Voyager, orgue Wurlitzer 7300 Combo, orgue Vox Continental Baroque, Yamaha CS-1, on en passe.

Cela étant énuméré, John Medeski se défend bien d'être un collectionneur compulsif, encore moins un puriste des claviers vintage.

«C'est toujours une question de son. Seul le son m'intéresse, car j'aime étoffer ma palette de couleurs.» 

Multigenre, coloriste, créateur éclectique devant l'Éternel, John Medeski est tout sauf ostentatoire.

«Il faut servir la musique et non l'ego des solistes, soutient le musicien de 53 ans. Je n'essaie donc pas de faire du spectacle avec mon jeu. Montrer ta technique est normal lorsque tu es un jeune musicien, il faut que jeunesse se passe. Aujourd'hui, je privilégie la valeur de l'improvisation collective, de la composition spontanée ou écrite, j'aime mettre mes idées au service de l'ensemble et je les mets au service de l'ensemble.»

Mark Ribot

Dans le contexte de la série Hommage présentée quotidiennement au Gesù, John Medeski présente trois concerts distincts au FIJM.

Le premier le réunit au guitariste Marc Ribot, autre musicien au don d'ubiquité que l'on avait d'abord connu aux côtés de Tom Waits et qui, depuis, n'a cessé de multiplier les projets et collaborations au sein de cette communauté de musiciens, à laquelle est aussi associé Medeski.

«Marc Ribot est certes l'un de mes préférés, affirme ce dernier. J'ai joué avec lui dans différentes situations. Je suis très excité de me produire en duo avec lui sur une scène aussi prestigieuse que celle du Festival international de jazz de Montréal. Nous n'avons jamais fait d'album à ce titre, mais... Ainsi, le batteur JT Lewis se joindra à nous, nous explorerons de vieilles pièces pour trio Hammond B3 et aussi quelques originales. Ce sera une explosion!»

Mad Skillet

Le deuxième concert se fonde sur un nouvel ensemble de John Medeski, Mad Skillet, né de différentes collaborations à La Nouvelle-Orléans.

«Will Bernard est un guitariste super polyvalent, fantastique - guitare slide, guitare jazz, rock, folk, et plus encore. Il peut tout jouer, ce mec ! En fait, j'ai joué plusieurs fois à ses côtés au Festival de jazz de La Nouvelle-Orléans, Mad Skillet vient de cette collaboration. Le groupe se compose aussi d'un joueur de sousaphone, Joseph Kirk, et de Julian Addison, batteur du Dirty Dozen Brass Band dont j'ai réalisé un album en 1999. Depuis lors, je souhaite travailler avec eux, car j'aime l'idée de remplacer la basse par le sousaphone, et parce que j'aime aussi ce batteur à la fois moderne et enraciné dans le jeu traditionnel et le groove typique de La Nouvelle-Orléans. Pour moi, cette nouvelle formation est une bénédiction.»

Billy Martin et Mark Guiliana

En guise de point d'orgue à ce triptyque signé John Medeski, l'hôte de la série Invitation a recruté deux batteurs émérites: son collègue Billy Martin et le batteur visionnaire Mark Guiliana, qui fera la transition de la série Hommage avant de lancer son propre cycle de concerts.

«Ce troisième show, explique Medeski, est inspiré par le festival de Montréal, puisque Mark Guiliana y est aussi invité. Or, je savais que Mark et Billy ont joué ensemble à New York, il n'y a pas si longtemps, dans le cadre d'un concert bénéfice impliquant plusieurs musiciens excellents, tel le guitariste Nels Cline. Entre eux, ai-je observé, il y a d'ores et déjà une connexion fantastique.»

Autres collaborations

Quand il n'y en a plus, il y en a encore: hormis Mad Skillet, groupe avec lequel il compte donner plusieurs concerts à court et moyen termes, John Medeski projette de faire évoluer un duo avec un cornettiste autour de la musique de Sun Râ. Il s'implique aussi dans un trio avec le guitariste David Tronzo et le batteur Ben Perowski, envisage de futures collaborations avec John Zorn, prévoit la sortie d'un document audiovisuel consacré au trio Medeski, Martin & Woods.

«Tout ce que je fais est lié au travail qu'on me propose, mais ce travail repose sur le dynamisme d'un noyau de musiciens formidables», résume le multi-claviériste, multi-genres aux goûts multiples... qui ne chômera pas de sitôt, force est de conclure.

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Au Gesù, Trio de John Medeski avec Marc Ribot et JT Lewis, vendredi, 18 h; ensemble Mad Skillet, samedi, 18 h; avec Billy Martin et Mark Guiliana, dimanche, 18 h.




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