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Mémorable Diana Krall

Impossible de ne pas taper des mains en... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Impossible de ne pas taper des mains en voyant Diana Krall se lever de son piano et se démener pour offrir une prestation endiablée, tout en continuant à chanter et à jouer de son instrument.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

(MONTRÉAL) Oui, c'était une superbe soirée d'été, mais l'immensité de la foule qui se massait place des Festivals hier soir pour voir et entendre une artiste de jazz, ce qui n'est pas coutume, donnait une bonne idée de la stature qu'a acquise Diana Krall.

Vers 21 h 40, on a distingué dans la pénombre sa silhouette qui s'avançait vers le piano pendant que, sur le grand écran derrière, le maître de piste Steve Buscemi nous souhaitait la bienvenue à ce spectacle planté dans un décor de vaudeville. Puis, la voix de Diana Krall s'est manifestée, cette voix chaude qui a conquis un nombre impressionnant d'admirateurs au fil des ans.

C'était When the Curtain Comes Down et son doux parfum d'une autre époque. Mais dès la troisième chanson, There Ain't No Sweet Man That's Worth the Salt of My Tears, on était à des lieues de Bing Crosby et de la nostalgie. L'invité Marc Ribot torturait sa guitare enrouée comme lui seul sait le faire sur un rythme pesant. Le genre de musique capable d'électriser n'importe quelle foule compacte de cette envergure, férue de jazz ou pas.

Un peu plus tard, un ukulélé lançait l'entraînante Everything's Made For Love pendant que défilaient sur l'écran des images du tombeur d'entre les tombeurs, Groucho Marx. Le meilleur était à venir : la chanson Temptation de Tom Waits qui, grâce aux solos incendiaires du guitariste Ribot et du violoniste Stuart Duncan, a pris sa place parmi les moments de musique les plus marquants de la courte histoire de la place des Festivals.

Diana Krall parle beaucoup à son public de sa famille et de la pluie qui s'invite plus souvent qu'à son tour dans sa Colombie-Britannique natale et qui se retrouve dans son répertoire, notamment dans Let It Rain, une chanson des années 30 qui ne fait pas son âge entre ses mains et celles de ses musiciens. Elle cause également de Montréal et de son Festival de jazz qu'elle aime d'amour.

Outre les standards du jazz et de la grande chanson américaine, elle a chanté Dylan et Neil Young, dont A Man Needs a Maid est devenue dans sa bouche A Man Feels Afraid, jumelée à Heart Of Gold. C'était d'une beauté...

Tout à coup, le concert a pris une tournure intimiste qui en dit long sur l'audace de Diana Krall, qui a laissé la foule sur l'énergique A Little Mixed Up, puis elle est revenue pour le rappel avec son musicien de mari, Elvis Costello.

Costello à la Maison symphonique 

En début de soirée, on ne savait pas trop à quoi s'attendre de la part de Costello seul sur scène à la Maison symphonique, si ce n'est qu'il nous étonnerait. Ce qu'il a fait en reprenant une chanson obscure écrite à 17 ans et sa toute première qui a tourné à la radio en 1975. Ce jour-là, il était tellement traumatisé d'entendre sa voix à la radio qu'il a éteint toutes les lumières de la cuisine. Il nous a aussi chanté une chanson non achevée qu'il a pondue quand David Letterman lui a demandé de remplacer Lana del Rey au pied levé. Lana et Elvis, même combat !

Dès le tout début, Costello s'est mis à jouer de ses guitares acoustiques avec rage comme s'il était le petit cousin de Pete Townshend. Il a sorti sa guitare électrique et utilisé ses pédales pour une version rentre-dedans de Watching the Detectives suivie de la toute douce Alison. Il nous a également fait une belle surprise en jumelant sa fort belle New Amsterdam et You've Got to Hide Your Love Away des Beatles.

Mais celles qui m'ont le plus remué, ce sont ses chansons sociales comme la sombre Shipbuilding, jouée au piano, et Jimmie Standing in the Rain, inspirée par son grand-père et qu'il a bouclée en poussant sa voix comme un cri du coeur, hors de portée du micro. La Maison symphonique lui aurait-elle donné envie de se lancer dans l'opéra ?

Au milieu de son concert, André Ménard est venu lui remettre devant public le Spirit Award du Festival de jazz soulignant la qualité et l'innovation de l'oeuvre d'un artiste ainsi que son influence à titre d'auteur-compositeur-interprète sur la musique populaire internationale. Manifestement touché de recevoir la statuette à l'effigie de Miles Davis, Costello a expliqué que son père et son grand-père jouaient de la trompette et qu'il n'a pas emboîté le pas. L'honneur est sauf chez les McManus.

Costello succède donc aux James Taylor, Robert Plant, Smokey Robinson, Stevie Wonder, Leonard Cohen, Bob Dylan et Paul Simon. Pas pire brochette...




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