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Daniel Lanois: l'artiste aux multiples personnalités

Daniel Lanois lancera à l'automne son premier album... (Photo André Pichette, Archives La Presse)

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Daniel Lanois lancera à l'automne son premier album depuis celui de Black Dub, paru en 2010.

Photo André Pichette, Archives La Presse

Daniel Lanois aura deux invitées à Wilfrid-Pelletier le 26 juin. Emmylou Harris et Trixie Whitley viendront chanter trois chansons chacune avec l'artiste qui a joué un rôle important dans leur carrière.

Trixie Whitley était toute petite quand Lanois travaillait avec son musicien de père Chris Whitley, fauché par le cancer en 2005. Après avoir renoué avec la jeune femme au cours d'un festival en Belgique en 2009, il a construit autour d'elle le groupe Black Dub qu'on a vu au Festival de jazz deux ans plus tard.

Quant à Emmylou Harris, Lanois a réalisé en 1995 son album Wrecking Ball, un disque si beau qu'il renaît périodiquement sur scène comme en 2006 au Festival de jazz et encore le mois dernier à l'occasion d'une tournée européenne.

«Un disque est un polaroïd d'un moment précis; qu'il continue à vivre, c'est un peu ce dont on rêve quand on le fait, dit Lanois au téléphone. On a trouvé la manière de le faire sur scène sans les couches ajoutées en studio. Quand on n'est que trois, on ne peut se permettre d'être paresseux, chaque note compte.»

Emmylou Harris et Trixie Whitley permettent à Daniel Lanois, le folkie et l'explorateur sonore, d'exploiter deux facettes différentes de sa personnalité musicale. «Avec Emmylou, ça tient beaucoup à de belles harmonies très précises à trois voix avec Jim Wilson, bassiste et très bon chanteur. Trixie improvise davantage; elle donne plus dans le blues et le R&B. On essaie de lui donner tout l'espace voulu pour s'exprimer.»

Autre bonne nouvelle: Lanois va renouer à Montréal avec le super batteur Brian Blade qui n'était pas de la tournée européenne de Wrecking Ball. «Brian n'est pas toujours disponible parce qu'il joue avec tellement de monde, dont Wayne Shorter, et qu'il a son propre groupe de jazz. C'est super qu'il soit là parce que ce sera essentiellement le groupe de tournée de Black Dub.»

Un album instrumental

Lanois lancera à l'automne son premier album depuis celui de Black Dub, paru en 2010. Un disque dont il nous donnera un avant-goût à Wilfrid-Pelletier et qu'il songe à intituler Forest City: «Parce que c'est très urbain, c'est mû par la technologie mais il y a comme un peu de toundra là-dedans. C'est un disque entièrement instrumental sauf pour une chanson qui s'intitule Go Now

C'est d'ailleurs sur les musiques de ce nouvel album que le spectacle de jeudi va prendre son envol. Lanois veut montrer sur écran des films inspirés de ses musiques qu'il a faits avec le directeur photo Adam Vollick, un complice qui se réclame des «méthodes non orthodoxes» du musicien.

«Au départ, vous allez entendre de la musique préenregistrée et puis, sans que ça paraisse, on va faire la transition vers le spectacle et les gens ne seront pas tout à fait conscients de ce qui se passe. La steel guitar va être l'élément qui relie les deux parties. Puis, avec sa caméra, Adam va permettre aux spectateurs à l'arrière de la salle de voir sur écran certains détails singuliers de ce qui se passe sur scène comme Brian jouant de la batterie ou moi, de la steel guitar. Ce que je fais est pas mal mystérieux pour beaucoup de monde: on dirait que je suis assis derrière une planche à repasser...»

D'abord reconnu comme un réalisateur de disques original, Lanois a mis de côté cette facette de son métier depuis quelques années, préférant se consacrer à sa propre création. Il n'a donc pas collaboré au prochain album de U2. «Ce que j'ai entendu était pas mal bon et audacieux», dit-il toutefois.

La moto et le billard

Avec Black Dub, Lanois voulait surtout jouer de la guitare et renouer avec le plaisir de faire partie d'un groupe comme quand il était tout jeune. Il possède toujours des studios en Jamaïque, à Los Angeles et à Toronto, mais cet être fondamentalement musical a d'autres passions.

S'il a failli perdre la vie dans un accident de moto en 2010, il n'y a pas renoncé pour autant. Au contraire, il parle avec enthousiasme du club de moto qu'il vient de fonder à Hamilton et qui compte une division à Los Angeles. Plus encore, ses amis motards sont tous des joueurs de billard semi-professionnels qui participent à des tournois organisés par Lanois à Toronto, à Los Angeles ou en Jamaïque.

«Je sens comme une nouvelle révolution dans l'air, dit-il. Il se passe beaucoup de choses dans la rue en matière de design et de ce qui fait vibrer le coeur des gens. C'est comme une nouvelle vague rock and roll mais pas spécifiquement musicale. J'y perçois une volonté de se rassembler comme les gens le faisaient jadis à l'église. Le club de moto s'inscrit dans cette tendance.»

Ses multiples activités n'empêcheront pas Lanois de faire une tournée québécoise en septembre avec le bassiste Jim Wilson et le batteur Steve Nistor: L'Assomption, Rimouski, Saint-Jean-sur-Richelieu, Sherbrooke... Mais avant ça, il y a ce rendez-vous au Festival de jazz dont il est un habitué.

«Ça signifie beaucoup pour moi de revenir à Montréal, dit celui qui est né à Hull. Mon français s'améliore un peu quand j'ai l'occasion de le pratiquer. J'ai parlé français jusqu'à l'âge de 9 ans quand on a déménagé [à Hamilton]. À Montréal, je renoue avec mes racines, avec qui je suis. Je rêve toujours d'y avoir un petit appartement.»

À Wilfrid-Pelletier le 26 juin. Invitées: Emmylou Harris et Trixie Whitley.




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