Ce saxophoniste m'avait impressionné à l'écoute d'Avatar, un album qui a relancé dans la substance le suprapianiste cubain Gonzalo Rubalcaba. No seulement à cause de son jeu à l'alto et au soprano, mais encore pour ses qualités de compositeur.

Alain Brunet LA PRESSE

Vendredi à l'Astral, s'ajoutait celle du leader. Avec ceci pour conclusion: WOW.

Yosvany Terry Cabrera, sax alto, soprano, manipulations de chekere. Dafnis Prieto, batterie, Yunior Terry, contrebasse. Manuel Valera, piano. Cubains transplantés à New York, question de fréquenter l'élite du jazz international, et d'ainsi hausser le niveau déjà très élevé de leur jeu.

Prieto est un batteur d'élite, maîtrise les polyrythmes du jazz contemporain, du jazz fusion et du patrimoine afro-cubain. Manuel Valera est un autre de ces jeunes pianistes cubains surdoués et dotés d'une technique absolument impeccable. Yunior Terry se démarque un peu moins à la contrebasse, mais n'a aucun mal à assurer le soutien nécessaire aux compositions très exigeantes de son frangin. Et quelles compositions mes amis.

Dans la continuité de Gonzalo Rubalcaba, certes, Yosvany Terry suggère aussi un prolongement latin du visionnaire Steve Coleman pour ses choix harmoniques et la complexité de ses polyrythmes - y foisonnent les mesures composées, il va sans dire. De surcroît, très beau sens mélodique. Haute voltige, précision, clarté, raffinement, racine latines assumées, extrême compétence mais aussi humilité. Absence totale d'ostentation, voilà la marque des meilleurs.