Le festival de musique électronique MEG débute aujourd'hui et se poursuit jusqu'au 3 août. Pour souligner son 15e anniversaire, entrevue avec son cofondateur, Mustapha Terki.

Émilie Côté LA PRESSE

«Nous avons 15 ans et nous sommes énervés!», lance Mustapha Terki, qui a fondé le festival de musique électronique MEG avec Jacques Primeau en 1999.

À ses débuts, le MEG (pour Montreal Electronic Groove) était le seul festival de musique électronique à Montréal.

«Aujourd'hui, la musique électro est partout, que ce soit dans le rock ou dans le hip-hop. Cela renforce notre mission, souligne Mustapha Terki. On a toujours voulu miser sur la découverte. Même les Inrocks ont dit que nous étions un festival prescripteur.»

Le MEG peut se vanter d'avoir présenté le duo Justice devant 60 personnes et un autre artiste français alors méconnu, M83. «On a déjà eu Brodinski, qui a travaillé avec Kanye West», ajoute le fondateur du MEG.

Mustapha Terki est fier des tournées internationales orchestrées par le MEG. Le 14 septembre, par exemple, le MEG est l'invité d'honneur du festival parisien Techno Parade. «Nous faisons un travail moins connu d'accompagnement des artistes à l'étranger», signale-t-il.

Du 25 juillet au 3 août, la 15e présentation du MEG est «un mélange de têtes d'affiche et de découvertes dans notre créneau».

Dans la programmation, on compte 70 formations dont The Hacker, Agoria, Shlohmo, Para One, Duchess Says, Sexy Sushi, Zombie Nation et Sound Pellegrino Thermal Team. Certains de ces artistes prendront part à la traditionnelle croisière du MEG BOAT, de retour sur les eaux du fleuve Saint-Laurent. «Le label Turbo, qui fête aussi ses 15 ans, est à l'honneur», souligne Mustapha Terki.

Spectacle extérieur gratuit

Pour la deuxième année, le MEG présente un grand spectacle gratuit sur la place des Festivals en collaboration avec Présence autochtone. «On a invité SoUs Le GrOunD et Icess Madjoumba, de la Martinique, où JFL a fait une résidence d'une semaine.»

Attirant des représentants de l'industrie, la vitrine du Osheaga+MegPro est également de retour. Les deux festivals se chevauchent et collaborent étroitement. «Ça nous aide à mieux gérer nos objectifs et à être complémentaires. C'est à nous d'être à l'affût des tendances et d'aller dans le plus pointu», signale Mustapha Terki.

Le MEG est branché sur les nouveautés. «Il y a deux ans, on a décidé de faire des showcases tous les mois et on reçoit beaucoup de matériel. Ça nous permet d'avoir un contact privilégié avec la production locale.»

Et au public qui boude la musique électronique, le fondateur du MEG tient à faire une précision: «On invite des producteurs et des compositeurs qui sortent des albums. Pas juste des DJ!» lance-t-il.

Les suggestions de Mustafa Terki

> Agoria, ce soir au Centre PHI

«Agoria est un must. La soirée ouvre le festival et mêle un des plus grands représentants de la scène électronique française à la nouvelle scène montréalaise avec Locomote, G.O'Brien et Van Did...»

> Sexy Sushi, le 27 juillet au Belmont

«La tornade Sexy Sushi s'annonce comme une affaire sérieuse... Le duo déjanté va à coup sûr marquer nos 15 ans au Belmont et la formation québécoise décalée Géraldine et les Narines Lepen n'aura rien à lui envier...»

> Electromania, le 1er août au Club Soda

«Les Français Sound Pellegrino Thermal Team [c'est-à-dire Teki Latex & Orgasmic] et Para One, flèches de l'électro colorée funk/hip-hop made in France vont rencontrer l'Américain Shlohmo, véritable coqueluche de la scène électronique R&B actuelle, ainsi que la figure locale Tommy Kruise, dont nous sommes vraiment des adeptes.»

> Mesparrow, le 1er août au Divan Orange

«Dans les sonorités plus vocales et suaves, nous avons l'honneur d'accueillir Mesparrow, star montante en France. En plus, nous profiterons de ses talents en toute intimité sur la scène du Divan Orange.»

> Soirée Électro-choc, le 2 août sur la place des Festivals

«Nous accueillons la Martinique avec SoUs Le GrOunD et Icess Madjoumba sur la place des Festivals, en collaboration avec nos amis de Présence autochtone. De nombreux registres vont s'y mêler. Le Montréalais JFL, accompagné de ses percussionnistes Joannie Labelle et Mélissa Lavergne, sera par ailleurs en résidence avec SoUs Le GrOunD pour offrir au public un répertoire commun qui se frottera au reggae en langue innue de Shauit... Poirier, emblème international de la scène électronique locale, sera aussi présent à ciel ouvert.»