Comme pour «le mets national des Québécois» auquel ils s'identifient totalement, les membres du quatuor surréaliste ont réuni les trois ingrédients indispensables à tout festival; leur cinquième commence jeudi...

Publié le 18 août 2012
Daniel Lemay LA PRESSE

Dans leur camion de tournée, toujours en quête d'absolu, les gars des Trois Accords tentaient de percer l'un des grands mystères de l'univers: pourquoi n'y avait-il pas de festival de la poutine au Québec?

«C'est le mets national des Québécois et on se disait qu'un jour ou l'autre, quelqu'un d'autre allait y penser», explique le guitariste et chanteur Simon Proulx qui, avec ses collègues, s'est lancé en 2007 dans une rigoureuse étude de faisabilité. Comme la poutine - frites, fromage, sauce -, le festival se compose de trois «ingrédients». Les Trois Accords avaient le concept/programmation: un festival où la poutine et la musique se partageraient la scène. Restait à trouver un lieu et à mettre sur pied une organisation pour voir à la production et à la logistique de la chose: ici, la billetterie et l'accueil sécurisé; là, la scène, le bar et le stand des poutiniers.

Le lieu s'est un peu imposé de lui-même. Les «Troizac» venant tous de Drummondville et de ses banlieues immédiates, Drummond la mal-aimée, le berceau du Mondial des cultures et des Légendes fantastiques, ferait désormais dans la poutine qu'un Drummondvillois dit avoir inventée. Quoi qu'on en dise à Warwick... Quant à l'organisation, les Trois Accords en formaient déjà une qui produit toujours les spectacles et les disques du quatuor. Avec le succès Mammouth que l'on sait.

Oui, c'était «faisable» et le cinquième Festival de la poutine de Drummondville s'ouvre jeudi, sur trois jours au lieu de deux, pour marquer ce premier anniversaire quinquennal. Toujours dans le magnifique parc Woodyatt, sur la belle rivière Saint-François, juste en haut de l'île aux Fesses.

Depuis cinq ans, chacun des musiciens s'occupe de son secteur propre, clairement délimité. Le guitariste et chanteur Alexandre Parr est en charge de ce qu'il appelle les «fluides»: l'eau, la Labatt et le Pepsi. Confirmé par ailleurs: le festivalier peut se procurer un verre de rouge pour accompagner sa poutine, un mets dans lequel, s'il avait le choix, Alex serait la patate frite. «Pour rester mince comme elle», affirme cet ineffable rigolo.

La gastronomie est du ressort du bassiste Pierre-Luc Boisvert, jeune homme discret qui, en sa qualité de gardien des sceaux poutiniers, est responsable du concours où le public doit voter: rien de trop sérieux, sourit-il. En lice cette année, la poutine des cantines Dave et Dan de Saint-Liboire, Chez Ben de Granby et O P'tit Creux de Saint-Césaire. À Drummond, la Métropole sera représentée par la Banquise 24h de la rue Rachel, pleine à craquer mercredi après-midi quand La Presse y a rencontré les Trois Accords qui s'y sont partagé une «Festival» - frites, sauce poutine + steak haché, fromage suisse et rondelles d'oignon -, conçue spécialement pour l'occasion.

Sur la poutine en général, «PLB» conseille le site mapoutine.ca, «le portail de la poutine au Québec» et, ici, nous dirigeons le lecteur curieux vers lapresse.ca pour lire la fascinante enquête de nos collègues du Soleil de Québec, «Sur la route de la poutine» (800 calories par plat). «Moi qui finis toujours ma poutine, affirme Pierre-Luc Boisvert, je suis la couche d'antimatière entre l'assiette et l'air qui vient remplacer la sauce quand il n'y en a plus...»

Volet musical

Dans son volet musical, le Festival de la poutine n'a pas d'élément central. «Nous ne sommes pas un festival de genre», précise d'emblée Charles Dubreuil, le responsable de la scène du parc Woodyatt. «Nous n'avons pas d'approche définie sinon que de satisfaire tout le monde qui payera 20$ par soir pour voir les shows (30$ pour les trois jours).»

Coup d'oeil rapide sur les têtes d'affiche (voir www.festivaldelapoutine.com pour le programme complet): Vincent Vallières jeudi soir, Éric Lapointe vendredi et clôture «full poutine» samedi avec le post-rigodon de l'Alaclair Ensemble, le folk d'Avec pas d'casque, les Vulgaires Machins de Granby et Kain, eux aussi des fils de Drummond.

Dans la poutine, Charles le Batteur jouerait encore un rôle de soutien en étant l'huile de la friteuse - «Pour sa chaleur humaine» - et la sauce aussi, probablement, l'ingrédient qui donne au plat son rythme. Ces alignements philosophiques laissent Simon Proulx dans le rôle du fromage... Le fondateur des Trois Accords, groupe d'esprit collégial s'il en est, ne se donnera jamais le titre mais en tant que grand argentier du festival de 300 000$, on peut dire que le diplômé de Bishop est le «Big Cheese» d'un groupe où, sur la scène ou derrière, chacun se consacre sérieusement à sa tâche de ne pas se prendre au sérieux. Belle recette.

Festival de la poutine de Drummondville, du 23 au

25 août dans le parc Woodyatt.



Jeudi 23 août

> Payz Play Supa Deejayz

> Fanny Bloom

> Galaxie

> Vincent Vallières

Vendredi 24 août

> Gazoline

> David Giguère

> Éric Lapointe

Samedi 25 août

> Les Petites Tounes

> Alaclair Ensemble

> Avec pas d'casque

> Vulgaires Machins

> Kaïn