Le duo Disclosure s'amène à Osheaga avec un CD sous le bras et l'intention de faire bouger, demain, les fervents du PiknicElectronik.

Alain Brunet LA PRESSE

À l'orée de la saison chaude, l'album Settle (étiquette PMR) a fait boum dans tous les plexus disponibles: grooves parfaits, profusion d'accroches, diversité de voix puissantes et inspirées, déflagration de R&B, house music et UK garage. Plus que viral!

Réunis sous le nom Disclosure, ces frangins sont les nouveaux élus de l'electronic dance music, enfin, pour l'été 2013. Howard et Guy Lawrence n'ont que 19 et 22 ans, mais ils s'avèrent d'ores et déjà parmi les meilleures recrues sur ce terrain.

À la lueur d'une conversation téléphonique avec l'aîné, ces jeunes mecs anglais de province (Surrey, ville de Reigate) étaient prédisposés.

«Notre père est guitariste, il chante et joue des reprises dans les pubs et les clubs. Notre mère est pianiste et chanteuse, elle a enregistré nombre de jingles pour la radio ou la pub, elle a travaillé sur des croisières, etc. Nos parents ont gagné leur pain avec la musique. Un peu moins aujourd'hui, car notre père gère aussi une entreprise familiale d'encanteurs.»

Honnêtes travailleurs de la musique populaire, issus de la classe moyenne, et dont la progéniture n'a pas eu d'éducation classique. À l'instar de leurs parents, les frères Lawrence sont des musiciens plus ou moins autodidactes, élevés dans un milieu propice avec cette nuance historique: enfants de l'ère numérique ayant appris une bonne part de leur métier avec les outils en circulation sur l'internet.

«J'ai commencé la batterie à l'âge de 3 ans, puis la guitare à l'âge de 8 ans. Mon frère a commencé aussi très jeune à jouer des instruments. Nous ne sommes pas des instrumentistes virtuoses, mais nous savons jouer et avons appris les fondements de la musique - l'harmonie, le rythme, etc. Aujourd'hui, des logiciels permettent de composer, faire des choses plus que potables à condition de bien comprendre la musique.»

Inspiration

Dès l'adolescence, les frères Lawrence ont entrepris de composer, réaliser, jouer, devenir professionnels. Dans le grenier de l'entreprise familiale, ils ont aménagé leur studio avec les moyens du bord. Et pourquoi ont-ils opté pour la musique électronique?

«Dès le début, nous avons recherché quelque chose de plus frais, plus original que la pop-rock "normale". De ce côté, nous avions le sentiment que tout avait été fait, nous ne voyions vraiment pas ce que nous pouvions ajouter. Nous avons alors découvert des artistes électroniques de grande qualité, tels Mount Kimbie, FourTet, James Blake. Des sons incroyablement originaux, dont nous ne savions pas la constitution.

«Ça nous a vraiment inspirés et confirmé notre propre direction musicale. Nous avons ensuite cherché à savoir quelle était l'inspiration de ces musiciens si doués: house de Chicago, techno de Detroit, UK garage des années 90, R&B\soul... Nous avons alors écouté beaucoup de musique, avons répété la nôtre, avons travaillé avec acharnement pour forger notre personnalité musicale.»

Faune anglaise

Les chansons ont commencé à fuser depuis 2010, des tubes ont été confirmés - Latch, Boiling, White Noise, You and Me, Voice se sont ensuite retrouvés dans l'excellent Settle, assurément l'un des meilleurs opus d'electronic dance music produits ces dernières années. Toute une faune anglaise de jeunes chanteurs et chanteuses a participé à ces sessions; Sam Smith, Aluna George, Sadha Keable, Eliza Doolittle, Jamie Woon, Sinead Harnett, Ed Macfarlane, Jessie Ware, le groupe London Grammar.

D'aucuns ont qualifié le style Disclosure de future garage, mais Guy Lawrence n'en a cure.

«Je n'aime pas cette étiquette, pas plus que celle de bass music. Nous faisons de la pop avec une saveur électronique. Nous faisons de la pop avec des rimes, des refrains, des chansons quoi! C'est la réalisation qui fait notre style.»

Avec instruments et machines, Disclosure se produit le dimanche 4 août, 20h, scène Piknic Electronik, dans le cadre du festival Osheaga.