Tenant le haut de l'affiche du festival Osheaga, Vampire Weekend est l'un des groupes indie-rock dont la reconnaissance critique s'est transformée en grand succès populaire. Entrevue avec le multi-instrumentiste Rostam Batmanglij, qui, pour une première fois en trois albums, a laissé un réalisateur entrer dans le studio pour l'épauler.

Émilie Côté LA PRESSE

Au printemps dernier, les membres de Vampire Weekend ont dit clore une trilogie avec l'album Modern Vampires of the City. Les nouveaux trentenaires ont fait paraître un ultime chapitre de chansons témoignant des désillusions du passage vers la vie d'adulte, que ce soit par rapport à l'amour ou la politique. «Plus nous avançons dans la vie, plus le monde est sombre à nos yeux», résume Rostam Batmanglij.

Modern Vampires of the City est un hommage à la ville de New York, avec le recul des années qui défilent rapidement. «Nous avons tellement tourné après Contra. Après, c'était comme la première fois que nous avions la chance d'expérimenter la vie», lance Rostam Batmanglij.

Il y a cinq ans, Vampire Weekend a apporté un vent de fraîcheur avec sa musique rock teintée de ska et de rythmes africains. D'un album à l'autre, il a su agrémenter sa recette musicale avec un répertoire éclectique et atmosphérique.

Modern Vampires of the City comprend plusieurs ballades et des étincelles sonores inattendues qui viennent éblouir l'auditeur.

«Nous avons toujours brisé nos propres règles, commente Rostam Batmanglij. Chacun de nos albums a son atmosphère et ses expérimentations propres.»

Rostam Batmanglij a réalisé les deux premiers disques de Vampire Weekend. Il est principalement responsable des musiques, alors qu'Ezra Koenig signe la majorité des paroles des chansons du groupe.

«Il y a une section de mon appartement qui est un petit studio d'enregistrement. Quand nous avons terminé la tournée de Contra, on avait déjà des idées. Très tôt, j'ai envoyé un démo à Ezra qui est devenu la chanson Obvious Bicycle. L'idée d'une fine mélodie au piano qui prend tout l'espace avec des tournures imprévisibles dans les arrangements était là.»

Fils de parents iraniens, ouvertement gai, Batmanglij a étudié en musique à l'Université Columbia. Il a également présenté des pièces solos et collaboré avec Kid Kudi, Ra Ra Riot et Best Coast.

Pour une première fois en trois albums, il a coréalisé Modern Vampires of the City, avec son ami Ariel Rechtshaid (Justin Bieber, Haim, Kylee Minogue). C'est même par choix qu'il a fait entrer un regard extérieur en studio. «C'était important pour cet album et nos échanges d'idées ont créé des effets "wow".»

Depuis quelques mois, Vampire Weekend a repris le chemin de la tournée.

«C'est bien de jouer les nouvelles chansons, mais cela prend toujours du temps avant que la foule les embrasse complètement. À chaque nouvel album, c'est pareil. Mais nous avons ajouté la ballade Hannah Hunt récemment et cela se passe très bien.»

Rassurez-vous, Vampire Weekend est le groupe idéal pour un spectacle en plein air. Sa musique fait sourire, le coeur léger.

Vampire Weekend se produit vendredi, à 18h45, sur la scène principale de la Rivière.