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Magalie Lépine-Blondeau : pour en finir avec la pulpeuse

Au cours des huit derniers mois, Magalie Lépine-Blondeau... (Photo: Anne Gauthier, La Presse)

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Au cours des huit derniers mois, Magalie Lépine-Blondeau a été de presque tous les projets de premier plan au Québec.

Photo: Anne Gauthier, La Presse

Chaque fois qu'il est question de Magalie Lépine-Blondeau dans les médias, les mots pulpeuse, plantureuse, sulfureuse reviennent inlassablement, emprisonnant la jeune comédienne dans une bulle qu'elle a hâte de crever. En attendant, entre 19-2, le prochain Denys Arcand et Tu m'aimes-tu, elle est Marie Mancini, l'amour secret (et sulfureux) de Louis XIV chez Duceppe.

Le prénom est aussi joli qu'une fleur du printemps. Le nom de famille se distingue surtout par sa longueur et par le poids d'une époque où, égalité des sexes oblige, un enfant devait nécessairement porter le nom de son père ET de sa mère. Magalie Lépine-Blondeau, née en 1982, est de cette génération-là, avec en prime des parents issus d'un monde proche de celui où elle évolue: le monde des communications. Sa mère Manon Lépine, à qui elle doit la beauté de ses traits, fut de 1996 à 2001 la voix qui pondérait les excès du Doc Mailloux à l'émission Un psy à l'écoute, sur les ondes de CKAC. Son père Marc Blondeau, nommé l'an passé PDG de la Place des Arts, a commencé comme lecteur de nouvelles à CKAC avant de devenir gestionnaire à Télémédia, TVA et Rogers Communications.

Mais Magalie, l'aînée des deux filles du couple, qui a grandi à Dorval et fréquenté les écoles publiques du coin, n'a jamais voulu faire de la radio ou du journalisme.

«Dès que j'ai eu l'âge de faire des phrases complètes, j'ai voulu faire du théâtre. J'avoue que j'étais une enfant étrange. Je voulais ne me tenir qu'avec des adultes. Je jouais toute seule en parlant à voix haute. À tel point qu'une des monitrices de la garderie avait écrit dans un rapport: «Magalie ne devrait pas oublier qu'elle est une enfant et essayer de jouer avec les enfants de son âge»», raconte la comédienne à la table d'un café du Vieux-Montréal.

Malgré le printemps frileux, Magalie portait, le jour de notre rencontre, un petit veston sage par-dessus un short si court que lorsqu'elle se levait, on avait la nette impression qu'elle ne portait rien en dessous. Je lui ai fait remarquer à la blague que pour une fille qui en a marre de voir les mots pulpeuse et sulfureuse lui coller aux talons aiguilles, elle n'aidait pas vraiment sa cause.

Elle a rigolé sans pour autant en démordre: «À force de me faire dire que je suis pulpeuse, je suis en train d'en développer un complexe. Oui, c'est vrai, j'ai des seins et j'ai des hanches, mais pourquoi toujours ramener ça à mon physique?»

Tous les ans, une élection a lieu dans le monde du théâtre, de la télé, du cinéma et des médias. Ce n'est pas une élection à proprement parler, mais une forme de consensus qui s'impose, mine de rien, dans le milieu. À l'issue de cette élection fantôme, un nouveau visage tire le numéro gagnant et gagne un couronnement.

Or, cette année, chez les femmes, ce nouveau visage, ce numéro gagnant, cette It girl, comme disent les Américains, est sans contredit Magalie Lépine-Blondeau. Pas seulement pour ses seins et ses hanches, mais aussi pour sa fraîcheur, son énergie et parce qu'elle semble avoir une vaste palette de nuances dans son jeu, qui lui permet d'interpréter les ingénues comme les femmes fatales ou les trentenaires modernes et désenchantées. C'est sans doute pourquoi, au cours des huit derniers mois, Magalie a été de tous les projets de premier plan, sauf Unité 9.

On l'a vue en fille paumée et «bleachée» dans Laurence Anyways, en jeune trentenaire mêlée dans ses amours dans Tu m'aimes-tu, en amoureuse qui n'arrive pas à se brancher dans 19-2, en amante lesbienne dans Christine, la reine-garçon et depuis mercredi, en amour secret de Louis XIV dans Le diable rouge. Bientôt, on la verra jouer la bonne amie de Mélanie Thierry dans Deux nuits, Two Nights de Denys Arcand, avant d'être la Roxane de Cyrano au TNM l'an prochain. Bref, comme Magalie le dit elle-même: 2012 a été une année extraordinaire. «Les projets se sont multipliés avec des rôles très différents. Cette année, j'ai vraiment eu à défendre des personnages. Et au lieu de devoir prouver que je méritais une place, j'ai l'impression d'avoir enfin pris la mienne», dit-elle.

Jeune diplômée

Diplômée de l'École nationale de théâtre en 2005, Magalie a travaillé dans une boutique de vêtements un petit mois avant de tout de suite commencer à gagner sa vie dans le métier. Sauf que ce n'était pas au théâtre comme elle en rêvait, mais à la télé, plus précisément à VRAK.TV où elle a coanimé Fan club pendant trois ans.

«C'était un contrat en or et une belle expérience, sauf qu'en sortant de l'École nationale, je pensais que j'allais faire du théâtre. Or, j'ai mis quatre ans avant d'en faire. Quatre ans à me poser des questions, à me demander pourquoi je n'avais pas de famille théâtrale et pourquoi aucun de mes profs ne m'avait engagée. C'est Serge Denoncourt qui le premier m'a remarquée et qui a vu quelque chose en moi que les autres ne voyaient pas. Je lui en serai toujours reconnaissante.»

Magalie brûlait tellement de faire du théâtre qu'au bout de trois ans de Fan club, elle a décidé de ne pas renouveler son contrat.

«C'était vertigineux comme décision puisque je n'avais rien devant moi. Mais j'approchais la trentaine et j'ai senti un urgent besoin de provoquer la vie et le destin, et j'ai bien fait parce qu'un mois plus tard, les projets se bousculaient. Depuis, plus ça va et plus je m'approche de ce que je veux faire.»

Je lui demande de préciser ce mystérieux but qu'elle semble s'être fixé, croyant qu'elle restera vague. Mais s'il y a une chose que Magalie n'est pas, c'est vague. Sitôt la question posée, elle y répond avec aplomb et conviction: «Ce que je veux faire? Porter une parole, sonder l'âme humaine, réfléchir à mes contemporains, offrir un miroir à la société et m'inscrire dans la vision d'un auteur.»

Passion du voyage

Malgré ce plaidoyer senti et fervent, le théâtre n'est pas la seule passion de la comédienne. L'appel du voyage n'est jamais très loin dans la liste de ses passions et de ses envies. Au cours des 10 dernières années, elle a visité 26 pays, parfois seule avec son sac à dos, parfois avec une copine, mais toujours dans un esprit de découverte et d'aventure.

Une année s'achève dans la vie de Magalie Lépine-Blondeau, une année riche et fertile. Pour ce qui est de l'année qui s'en vient, Magalie avoue qu'elle n'a pas de projets précis à part le Cyrano du TNM en juillet 2014. Elle le dit avec une petite lueur de doute dans le regard et cette peur universelle chez les comédiennes qu'on l'oublie. Puis, en évoquant la vivacité de Monique Miller, sa compagne de jeu dans Le diable rouge, elle retrouve son entrain et l'espoir qu'à 80 ans, elle sera peut-être un peu moins pulpeuse, mais toujours aussi amoureuse du théâtre et que le théâtre le lui rendra bien.

Ses quatre voyages les plus marquants

1. Haïti

La première de ses deux visites a eu lieu en 2000. Magalie était partie avec une copine livrer des fournitures scolaires qui n'ont finalement jamais été dédouanées. Elle est tombée amoureuse du pays et d'un peuple assoiffé de vivre.

2. Indonésie

Pour la richesse de la culture, la beauté des paysages, le trekking sur les volcans et les volcans qui la fascinent.

3. Hong Kong

En 2011, Magalie s'impose une seule condition: vivre avec 100$ par semaine. Le pari est tenu et lui fait découvrir un autre Hong Kong, vert, écolo, un Hong Kong des marchés et des quartiers.

4. Cambodge

Pour la douceur des gens et la résilience d'un peuple qui, malgré ses souffrances et ses épreuves, s'est repris en main.




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