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Critique d'Harry Potter and the Goblet of Fire

Sonia Sarfati
La Presse

J.K. Rowling n'a pas menti. Dans son quatrième roman, Harry Potter and the Goblet of Fire, lancé hier en très (trop?) grande pompe au Canada, aux États-Unis et en Grande-Bretagne, le jeune magicien maintenant âgé de 14 ans assiste à la Coupe du monde de Quidditch (pour les non-initiés: sport d'équipe joué avec quatre balles, où s'affrontent des joueurs montés sur des balais volants); il voit mourir l'un des personnages récurrents de la série; et il s'intéresse aux filles en général, à une en particulier.

Pas question toutefois de dévoiler l'identité de la victime de Voldemort ni de celle pour qui bat le coeur de Harry Potter, par crainte de représailles - pas de la part des éditeurs, qui ont terminé l'opération «marketing et musellement», mais de celle des fans qui ne pourraient s'empêcher de lire ces lignes pour ensuite, fort injustement d'ailleurs, en vouloir à leur auteure. Laquelle, après avoir lancé l'idée il y a quelques semaines (avec beaucoup de légèreté et de naïveté), a en effet passé la nuit avec Harry pour pouvoir en rendre compte aujourd'hui.

Et c'était comment? C'était bien. C'était même jouissif pendant les préliminaires et cela s'est terminé par un feu d'artifice. Entre les deux par contre, des moments plus lents, moins haletants. Des longueurs, diront certains. Des pauses, affirmeront d'autres.

Chose certaine, en décidant entre autres de s'attarder sur les premiers émois amoureux de Harry Potter (il doit se trouver une partenaire pour un bal, n'ose pas demander à on-ne-dira-pas-qui pour finalement se décider... mais trop tard), J.K. Rowling a aussi fait le choix, peut-être pour ménager les plus jeunes de ses lecteurs (qu'elle met à l'épreuve en leur offrant une brique deux fois plus grosse que les précédentes: pas sûr qu'ils suivent tous), de ne pas tenir sur 636 pages l'ambiance oppressante et l'intensité dramatique des première et troisième parties du roman. Lesquelles sont très sombres (ça aussi, la romancière l'avait dit) et d'un percutant, d'une efficacité à enchaîner un lecteur même aux petites heures du matin.

Ainsi, contrairement aux trois romans précédents, Harry Potter and the Goblet of Fire, ne commence pas chez les infâmes Dursley - l'oncle, la tante et le cousin de Harry, «muggles» (non-sorciers, quoi!) qui s'occupent du jeune magicien depuis la mort de ses parents - mais à 200 milles de là. Dans une maison délabrée où, comprend-on bientôt, l'infâme Voldemort, sorcier renégat et incarnation du Mal, est en train de reprendre des forces. De reprendre forme. Lui qui, il y a 13 ans, a tout perdu - sauf la haine - quand il s'est attaqué à James et Lily Potter, et à leur petit Harry.

Les premières pages du récit n'ont donc pas le côté enfantin et naïf de celles de Harry Potter and the Sorcerer's Stone, Harry Potter and the Chamber of Secret et Harry Potter and the Prisonner of Azkaban. On passe directement aux choses sérieuses. Et on poursuit avec plusieurs scènes-chocs: la manifestation des Death Eaters après la Coupe du monde de Quidditch, suivie de l'apparition de la monstrueuse marque de Voldemort; puis, l'annonce de la tenue, à Hogwarts (l'école de sorcellerie, Poudlard en traduction française), du dangereux Triwizard Tournament. Un tournoi mettant aux prises les champions de trois écoles qui, choisis par «la coupe de feu», doivent subir trois épreuves de magie avancée. Une idée de la difficulté de la chose? Ledit tournoi n'a pas eu lieu depuis un siècle: trop de jeunes sorciers y ont trouvé la mort.

Pour éviter cela, il ne sera cette fois-ci ouvert qu'aux élèves de 17 ans et plus. Or quelqu'un a mis dans la coupe le nom de Harry. Qui n'a que 14 ans. Et qui sera sélectionné.

Suivent les épreuves. Les amourettes. Les disputes entre copains (Ron, Hermione, Hagrid et compagnie sont bien sûr là). Les mesquineries des ennemis (l'affreux Draco Malfoy et ses sbires, incontournables). Le tout menant à l'affrontement ultime - pour cette fois-ci (il y en aura d'autres, The Goblet of Fire étant le quatrième de sept volets): l'adolescent fera face à Voldemort. Avec l'issue que l'on n'imagine pas.

Car J.K. Rowling manie l'art de l'imprévisible et du rebondissement avec une dextérité rarement égalée. Elle est aussi capable de rendre crédible, tangible presque, le monde qu'elle a imaginé. Elle en avait déjà fait la preuve. Elle remet ça ici. Les «pottermaniaques» ne lui en voudront pas, bien au contraire: des heures de plaisir les attendent. En tout cas, ceux qui peuvent plonger, en version originale, dans ce nouveau bain de magie. Les autres, ceux qui ne lisent pas l'anglais, devront patienter jusqu'à la fin du mois d'octobre. Gallimard (qui a présentement vendu au Québec quelque 60 000 exemplaires des trois premiers titres, tous formats confondus) lancera alors le quatrième Harry Potter, en traduction française.

On en reparlera à ce moment-là. Peut-être même avant. Ah, Harry...




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