Il faut parfois poser des questions difficiles et gênantes, limite épaisses. C’est le métier qui entre. Faut ce qu’il faut.

Si vous avez suivi Survivor Québec ces dernières semaines, quel plaisir exaltant, il y a un élément qui a occupé beaucoup de temps d’antenne, mais qui n’a jamais été abordé publiquement. Comme s’il s’agissait de l’ultime tabou, pire que la laideur des chapeaux de Dominic du bayou.

Je parle ici du clignement excessif des yeux de Ghyslain Octeau Piché, 30 ans, le grand champion de la deuxième saison de la téléréalité de Noovo. Je le sais, c’est nono et futile, reste que cette question fait partie de celles qui m’ont été le plus fréquemment posées : le brave Ghyslain souffrirait-il d’un tic nerveux ?

Réponse courte : non. Le sel, la sueur et le sable ont assurément augmenté la vitesse de « clignotement des yeux » – selon les docteurs de Facebook – de l’entrepreneur en immobilier de Vaudreuil-Dorion.

« Quand j’étais là-bas, j’ai fait de la sécheresse oculaire. On dirait que mes yeux étaient en train de mourir. Je ne me rendais même pas compte que je clignais autant. Je l’ai vu en regardant les épisodes. Ça m’a quand même fait rire de voir tous les diagnostics que les téléspectateurs ont posés. Je vois qu’il y en a beaucoup qui se soucient de mon bien-être », m’explique Ghyslain Octeau Piché, le meilleur concurrent de sa saison de Survivor.

Voilà, affaire classée. En un battement de cils. Le couronnement de Survivor a d’ailleurs mis un point final à une saison de télé printanière particulièrement riche au Québec, en excluant les dégâts causés par Laver pour gagner à TVA, une des rares taches au calendrier.

L’émission spéciale de réunion des Traîtres, relayée lundi soir à Noovo, a confirmé que les meilleurs joueurs n’ont pas remporté cette première saison, n’est-ce pas, Étienne Nadeau et Ismaëlle Michelot ?

Deux des trois vainqueurs, Cédric Fofana (plongeur olympique) et Chelsea Jones (fonctionnaire fédérale), avaient l’air complètement blasés, peu impliqués dans les discussions. Le courtier immobilier Étienne, mon préféré, a super bien résumé le parcours de Cédric et de Chelsea : ces deux « meilleurs amis du monde », qui se connaissaient depuis deux secondes, n’ont fait que profiter du travail de détective de leurs camarades, sans jamais s’investir. C’est valable comme tactique, oui, mais c’est paresseux et plate à regarder.

IMAGE TIRÉE DE L'ÉMISSION LES TRAÎTRES

Les trois gagnants des Traîtres, Kim Hardy, Chelsea Jones et Cédric Fofana

L’autre gagnante des Traîtres, Kim Hardy (ex-militaire), a été plus méritante. Elle aurait dû empocher les 92 500 $ à elle seule.

On ne se souviendra pas des Traîtres pour ses gagnants. On se rappellera davantage ses participants marquants, dont le torturé Axel Roy-Gagné, le sympathique Maxence Garneau et la controversée Meriem Houla, qui refusait de retirer ses lunettes fumées au premier épisode, se disant victime de trahisons familiales, amicales et amoureuses. Nous n’en saurons pas plus à ce sujet.

La Cruella du jeu de meurtres et mystères, qui avait une fixation sur le policier Christopher, n’a pas diminué son niveau d’intensité, au contraire. La seule chose que Meriem regrette dans Les traîtres, c’est d’avoir mal épelé des prénoms sur son ardoise.

Une autre des belles surprises de notre printemps télévisuel aura été Bellefleur de la plateforme Crave, dont j’attendais impatiemment les épisodes tous les jeudis. Gros, gros coup de cœur (de slush ?). Enfin, une comédie dramatique contemporaine et émouvante sur l’amitié qui unit un groupe de trentenaires de Sherbrooke.

En apparence trop parfait, le personnage pivot de la série, l’humoriste Nicolas Bellefleur (Guillaume Laurin), a exposé ses failles au fil des dix demi-heures, ce qui l’a rendu encore plus attachant. La relation entre Yann (Marc-André Grondin) et Raphaëlle (Sarah-Maude Beauchesne), le couple qui ne veut pas d’enfants, s’est butée à leurs ambitions respectives et à une impasse cruelle : se pourraient-ils que ces deux-là aient été au sommet à l’école secondaire et qu’ils n’aient rien accompli d’exceptionnel depuis ?

L’avocat et nouveau papa Maxime (Maxime de Cotret) en a décousu avec son désir refoulé, pour finalement l’embrasser. Heureusement, une deuxième saison de Bellefleur a été confirmée et on ne nous abandonnera pas sur des intrigues non résolues.

J’ai aussi beaucoup aimé l’évolution du personnage d’Alex (Guillaume Cyr), le père divorcé qui a finalement eu la meilleure réaction par rapport au désir (avorté) d’émancipation de son fils adolescent (André Kasper). La scène où Sabrina (Nathalie Doummar) ne répond pas à l’appel de détresse de ce même fils a été crève-cœur, mais si bien jouée et écrite.

Si vous cherchez une série réconfortante et touchante, cueillez tout de suite cette Bellefleur. Et comme le dernier épisode se déroule à Noël, ce ne serait pas incongru que Noovo relaie Bellefleur à partir de septembre.

Il ne faudrait pas non plus bouder la série Société distincte du Club illico, une production fort originale qui mélange spiritisme, nationalisme et ufologie. Oui, tous ces éléments se tiennent et forment une histoire fascinante.

On y suit deux meilleurs amis d’enfance, joués par Antoine Pilon et Robert Naylor, qui renouent après 15 ans de silence. Pendant cette longue pause, Marc (Antoine Pilon) a consacré sa vie à la recherche de son petit frère, qui aurait été enlevé par des extraterrestres sur un terrain de camping.

La mère de Marc, campée par Maude Guérin, ne s’est jamais remise du rapt de son beau Gabriel. Elle aussi s’enferme dans un déni en gardant un contrôle strict sur son aîné Marc, confiné à une adolescence prolongée.

Le retour de l’énigmatique Julien (Robert Naylor) changera les dynamiques de pouvoir bien installées dans ce coin de Repentigny. Le volet paranormal du scénario s’imbrique habilement dans la portion dramatique de la série.

Sur ces belles paroles d’ovnis et de secrets de famille banlieusarde, je vous abandonne une courte semaine pour finir la troisième saison de Bridgerton, et apprendre des tounes de Taylor Swift au violon, zing à ling !

Je lévite

Avec la musique de Chappell Roan

PHOTO AMY HARRIS, FOURNIE PAR INVISION, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Chappell Roan, en concert dimanche dernier au Tennessee

Je suis obsédé par cette flamboyante auteure-compositrice-interprète américaine de 26 ans, qui fait penser à Kate Bush, Cyndi Lauper et Lady Gaga, mais déguisée en drag queen. Son album The Rise and Fall of a Midwest Princess renferme des bombes de pop intelligente comme Red Wine Supernova et Hot to Go !. Actuellement en tournée dans les festivals américains, Chappell Roan attire des foules monstres et elle visitera Osheaga le samedi 3 août à 15 h 30. Préparez vos costumes de cowgirl rose et dorée ainsi que vos brillants corporels, comme en 2008.

Je l’évite

Perfect Match sur Netflix

PHOTO SHANE LOPES, TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE THE PERFECT MATCH

Les participants de la saison 2 de The Perfect Match

Une luxueuse villa à Tulum, dix anciens concurrents de téléréalités comme Love Is Blind ou Too Hot to Handle et de l’alcool à volonté ? En théorie, j’achète tout de ce concept, qui ressemble à OD : Tentations au soleil. En pratique, cette téléréalité de Netflix, qui s’appelle Faits l’un pour l’autre, en version française, est d’un ennui total. L’animateur Nick Lachey a autant de charisme qu’un palmier desséché, les épisodes s’étirent inutilement et un candidat (Harry Jowsey) a toujours l’air paqueté, c’en est hyper malaisant.