La face surprise de Lara Fabian au moment de décacheter l’enveloppe a immédiatement trahi l’identité de la gagnante de Star Académie 2022. Alors qu’Éloi Cummings semblait voguer vers un triomphe aussi facile que prévisible, l’épatante Krystel Mongeau, 25 ans, de Sherbrooke, a fait barrage à la tempête populaire qui soufflait à partir des Îles-de-la-Madeleine.

Publié le 25 avril

Éloi Cummings, 16 ans, aura donc raflé tous les scrutins du public, sauf le plus crucial, celui de la grande finale de la téléréalité de TVA. Quant à Krystel Mongeau, jeune maman et coiffeuse professionnelle, elle devient la deuxième femme (en sept éditions) à remporter Star Académie, après Stéphanie Lapointe en 2004, ça remonte à très loin.

Et quelle victoire méritée, vraiment. Talent et popularité ont rimé dans le cas de Krystel, magnifique dans sa longue robe noire pailletée. Sa relecture impeccable de Je ne suis qu’une chanson de Ginette Reno a supplanté la reprise chambranlante de Quand les hommes vivront d’amour d’Éloi Cummings.

Le décalage entre les deux performances a assurément fouetté le public, qui a voulu freiner l’ascension d’Éloi. Krystel ne pouvait pas perdre après avoir été aussi magistrale pendant trois mois.

Et Éloi, même s’il est super attachant, ne pouvait pas gagner après avoir été aussi tiède.

Explication ? Les abstentionnistes qui râlaient contre Éloi dans leurs salons ont finalement pianoté sur leurs téléphones pour faire sortir le vote, qui a favorisé la meilleure, alléluia.

Tout au long de la saison, les profs n’ont jamais caché leur admiration pour Krystel Mongeau, ancienne membre de l’équipe de Lara Fabian à La voix 6, en 2018. Même qu’on sentait que la cote d’amour d’Éloi Cummings irritait le corps professoral, dont Gregory Charles, qui a traité le jeune Madelinot de paresseux. Dans le gala de la semaine dernière, Guylaine Tremblay, Lara Fabian et Gregory Charles ont bondi de leurs fauteuils après les numéros de tous les chanteurs en danger, sauf pour Éloi Cummings. Oups. Favoritisme ? Peut-être. Reste que les profs n’ont pas leur mot à dire pendant l’élection.

PHOTO BERTEXERTIER — PHOTOGRAPHIE, TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L’ÉMISSION

Éloi Cummings

Le couronnement de Krystel Mongeau a également torpillé la croyance voulant que les Madelinots aient « paqueté » le vote pour Éloi depuis le début du concours. Cette théorie brumeuse ne tient pas la route 199 entre Cap-aux-Meules et Havre-aux-Maisons.

Pourquoi ? Parce que la population des Îles-de-la-Madeleine tourne autour de 13 000 habitants, alors que le Québec en compte 8,5 millions.

Le poids électoral des Madelinots à Star Académie se chiffre donc à 0,15 % pour l’ensemble de la province. On s’entend que 0,15 %, c’est infime, c’est un grain de sable sur la grande plage de la téléréalité de TVA. À elles seules, les Îles-de-la-Madeleine ne possédaient donc pas la force pour pousser — par le vent — l’adolescent de 16 ans jusqu’au fil d’arrivée.

C’est tout de même rare, ce qui s’est produit dimanche soir.

Dans ce type de compétition télévisuelle, les téléspectateurs plébiscitent rarement les plus douées comme Audrey-Louise Beauséjour ou Krystel Mongeau. Pourquoi donner une tape dans le dos à ces artistes aux carrières déjà bien établies ?

Par contre, un vote pour Éloi Cummings ou pour Olivier Bergeron, 20 ans, de Kedwick, au Nouveau-Brunswick, se révèle plus utile et gratifiant. Il contribue à écrire le premier chapitre du conte de fées où un concurrent négligé — le fameux underdog — monte une à une les marches vers la gloire.

Plus timide et moins à l’aise dans son corps que ses camarades, Éloi Cummings a vite charmé les fans de Star Académie, qui l’ont pris sous leur aile. De semaine en semaine, nous l’avons vu trébucher, se relever, travailler et s’améliorer. C’est exactement ce qui façonne de la bonne télévision. Et à 16 ans, Éloi a toute sa vie professionnelle devant lui.

La consécration de Krystel signalerait-elle la fin de cette habitude que nous avons de privilégier les laissés-pour-compte ? Espérons-le. Krystel n’a pas volé son titre. Elle n’a commis aucun faux pas et moins de fausses notes que tous ses colocs à Waterloo (sauf Audrey-Louise, qui a été évincée beaucoup trop rapidement, non, je n’en reviendrai pas, merci).

Dans ce 13e et ultime gala de Star Académie, d’une durée de 2 h 20 min, le groupe Salebarbes a injecté une énergie hyper contagieuse dans les studios Mels. On ne peut hélas ! en dire autant de Julien Clerc, qui paraissait complètement éteint, le pauvre. Le chanteur Mika, qui a attrapé la COVID-19 au début du mois, en a aussi arraché vocalement.

Julien Charbonneau a été plus épatant que Mika sur sa propre chanson, il faut le faire.

Solide numéro de comédie musicale orchestré par Gregory Charles, qui a été un prof d’exception cet hiver. Sa rigueur, ses connaissances infinies et son enthousiasme ont été contagieux. Lara Fabian a refait Saisir le jour avec ses 15 petits cœurs et on aurait volontiers pris un pot-pourri allongé.

Potin croustillant à la Lady Whistledown, en terminant. Un couple s’est formé pendant cette édition de Star Académie. On parle ici d’un coup de foudre, car les deux membres de ce nouveau couple étaient chacun dans une relation stable lors de leur entrée dans le télé-crochet de TVA.

Et oui, nous avons vu leurs douces moitiés respectives dans les émissions quotidiennes, ce qui explique pourquoi ils ne déclarent pas publiquement leur amour. Cette union récente a causé des dommages collatéraux, vous vous en doutez bien. De qui s’agit-il ? Je leur laisse le plaisir (ou pas) d’en parler. XOXO les amis.