Comment fais-tu pour regarder autant de télévision dans une journée ? Dors-tu quatre heures par nuit comme Gregory Charles ? Et ne deviens-tu pas blasé ou engourdi à force de te gaver de téléromans savonneux et de téléréalités superficielles ?

Publié le 5 février

D’abord, merci de vous préoccuper de ma santé numérique. Le hamster tourne dans une roue mentale bien huilée. Tout baigne, pour citer Ménélik.

Maintenant, mon travail. Boulot qui fascine – ou horripile ? – de nombreux lecteurs. Comment se déroule une journée typique de chroniqueur télé ? Il n’y a rien de bien glam, croyez-moi. Devinez pourquoi je n’apparais pas dans la docusérie La Une à Télé-Québec ?

Parce que filmer un homme en pantalon de sport qui regarde L’échappée en se bourrant de Doritos et en hurlant « lâchez donc Joëlle, estie », ce n’est pas un gage de cotes d’écoute mirobolantes.

Sur une note plus sérieuse, oui, je visionne énormément de télé. Combien d’heures par semaine ? Beaucoup, c’est difficile à calculer. J’essaie de suivre en temps réel les grandes séries pour me coller à votre expérience de téléphile. Comme ça, on peut discuter ensemble, et sans rien divulgâcher, du cas de la petite Lili, 12 ans, violée et droguée au GHB dans Toute la vie. OMG.

Quand ça déborde, je rattrape en matinée. L’après-midi, j’écris ou je fais la tournée téléphonique de mes précieux contacts, les célèbres espions dont je vous rapporte les infos croustillantes dans mes chroniques.

Une partie importante et invisible de mon métier consiste à parler aux personnes clés de l’industrie. Par texto, Messenger ou de vive voix, peu importe. Ce qui prime, c’est de fouiner, placoter, potiner et s’informer. Ces tournées de « méméring » me nourrissent énormément. Et ma ligne demeure toujours ouverte pour les nouveaux collaborateurs.

J’entame beaucoup de séries – surtout américaines – que je ne finis jamais, par manque de temps ou d’intérêt. Si je persévère jusqu’au bout, c’est parce que c’est vraiment bon.

Avant de recommander chaudement une télésérie, je me pose toujours cette question essentielle : est-ce que je regarderais cette émission si je n’avais pas à écrire 800 mots dessus ? Personne n’a de temps à gaspiller. Mon rôle de critique se transforme de plus en plus en celui d’éditeur de contenu, de curateur, je dirais. Il y a tellement d’offre multiplateforme que les gens ne savent plus où s’abreuver et à quoi souscrire. J’essaie de simplifier vos choix.

Pour les séries québécoises, et particulièrement les téléromans, j’y reviens souvent pour effectuer du contrôle de qualité. Quand une émission compte 24 épisodes par année et qu’elle s’étire sur plusieurs saisons, c’est normal qu’elle connaisse des creux de vague. D’où l’importance d’accorder une deuxième et même une troisième chance à des productions comme Les moments parfaits ou Alertes à TVA, qui construisent leur avion en plein vol, pour paraphraser une expression pandémique.

J’adore la téléréalité. Que voulez-vous, c’est comme ça. Cette façon de raconter des histoires est le nouveau téléroman des années 2000. Autour de vous, probablement que les Z ne suivent pas 5rang, mais qu’ils connaissent Audrey et Fred d’Occupation double. La téléréalité ne disparaîtra pas. Et Les beaux dimanches ne reviendront pas non plus, faites-vous à l’idée.

Je consomme, hélas ! beaucoup moins de magazines d’affaires publiques et de documentaires. Ce qui ne m’empêche pas de rester scotché à La facture, J.E., L’épicerie, Deux hommes en or ou Enquête quand je tombe dessus.

J’aime beaucoup les soirées du dimanche, où s’alignent les gros canons tels Tout le monde en parle, Révolution, Star Académie, Big Brother Célébrités, Occupation double ou Chanteurs masqués. Cette convergence dominicale unique au monde démontre tout l’amour et l’importance que prend la télé dans le cœur des Québécois.

Netflix ou Crave, qui hébergent d’excellents contenus, n’ont pas encore réussi à battre nos dimanches chouchous.

Je reçois une tonne de messages tous les jours, sur Facebook, Twitter et par courriel. Même si je ne réponds pas de façon individuelle, je les lis tous, sauf ceux qui commencent par « tes vraiment un déchet » ou « décriss pis vas travaillé au service au volant du McDo ». Il y a des limites à subir les ravages de la nouvelle orthographe.

Si on exclut ces rares bozos, la majorité des messages sont gentils, agréables et bien tournés. Merci pour ça. Alors que la planète s’envoie promener sur les réseaux sociaux, c’est rassurant d’avoir des échanges cordiaux et respectueux, même dans le désaccord.

Merci de me souligner poliment les (NDLR : très rares) fautes d’orthographe, les imprécisions ou les (NDLR : encore plus rares) erreurs factuelles. Sur le coup, ça saisit toujours, mais c’est nécessaire.

Et merci d’être là, sur votre tablette, votre téléphone ou votre ordi. Ça me fait chaud au cœur de vous savoir fidèles au poste, rivés à vos écrans comme Da-Xia dans District 31.