Est-ce que je suis fier d’avoir englouti d’une traite la deuxième saison d’Emily in Paris de Netflix pendant la pause des Fêtes ? Pas particulièrement, non.

Publié le 15 janvier

Mais est-ce que j’ai honte d’avoir enfilé les 10 épisodes encore plus rapidement que ceux de ma série préférée de l’heure, Yellowjackets ? Pas une miette de baguette, non. S’il y a du plaisir dans la consommation de trucs futiles, pourquoi faudrait-il absolument y associer de la culpabilité ?

Yellowjackets, je la savoure. Emily in Paris, je me bourre. Voilà – ouh là là ! – la différence. Nous avons ici deux émissions complètement différentes pour assouvir deux types de fringales télévisuelles.

Emily in Paris, c’est de l’évasion bonbon, de la gratification instantanée et un anxiolytique numérique qui, le temps qu’Emily Cooper publie trois photos avec jeux de mots intégrés sur Instagram, nous extirpent complètement de nos problèmes pandémiques.

Côté escapade sans prise de tête, Emily in Paris écrase des séries autrement mieux jouées, réalisées et écrites. C’est fascinant de voir cette comédie romantique colorée battre tous les records de visionnement sur Netflix. Au point que deux autres saisons ont été commandées au producteur Darren Star, le créateur de Sex and the City.

Les reproches faits à Emily in Paris à propos de sa légèreté et de sa frivolité sont devenus ses plus grands atouts en cette période où notre presto collectif menace d’exploser à tout instant.

Alors, on se balade avec Emily Cooper (jouée par Lily Collins, la fille du musicien Phil Collins) dans les rues grouillantes de Paris. On se demande comment la belle Emily – et son français atroce – peut s’offrir autant de vêtements griffés avec son maigre salaire de chargée de compte à l’agence Savoir, spécialisée dans les produits de luxe.

On le sait pertinemment que notre effervescente Emily et le chef/voisin Gabriel (Lucas Bravo) vont finir par se marier – d’ici deux saisons, probablement. Peu importe. C’est le voyage pour se rendre à l’autel qui compte, pas nécessairement la destination finale. Et on prie pour que la fabuleuse Sylvie (Philippine Leroy-Beaulieu), l’incarnation parfaite de la Française raffinée et chiante, obtienne sa propre sitcom dérivée : Sylvie in Saint-Tropez.

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Le personnage de Sylvie (Philippine Leroy-Beaulieu), qui dirige l’agence parisienne, est l’incarnation parfaite de la Française raffinée et chiante.

Dans la deuxième saison d’Emily in Paris, les failles de notre héroïne à chapeaux farfelus apparaissent davantage. Son obsession de bosser 24/7 irrite ses collègues, tout comme son désintérêt envers la langue française. Cette Américaine à Paris devient – sacrebleu ! – le sujet des blagues à propos de son obsession maladive d’Instagram ou de son incapacité à s’amuser pour le simple plaisir de s’amuser, sans qu’il s’agisse d’une activité productive.

Les statistiques d’écoute en rafale ne mentent pas. Les fans recherchent actuellement des émissions simples, douces et amusantes comme Virgin River ou Sweet Magnolias. Est-ce un indicateur que le QI des gens dégringole comme le capital de sympathie de Seb Plante à Big Brother Célébrités ? Absolument pas. Cela signifie seulement que la vie actuelle est déjà bien assez compliquée et qu’on a tous besoin d’une pause divertissement.

Avec sa musique pop entraînante, ses sublimes images de la Ville Lumière et son « je-ne-sais-quoi » (excusez-la), Emily in Paris vous offre cette distraction remplie de beau linge et de gags de croissants.

PHOTO FOURNIE PAR CRAVE

Le dernier épisode de la première saison de Yellowjackets sera offert dimanche sur Crave.

Parlons de Yellowjackets maintenant. Seigneur Jésus que c’est bon. La plateforme Crave déposera le dernier épisode de la première saison dimanche et je me gère difficilement.

Mettant en vedette Juliette Lewis, Christina Ricci et Sophie Nélisse, Yellowjackets se situe quelque part entre la série Lost et les films Alive et Midsommar. Un excellent mélange de surnaturel, de mystère, de survivalisme et d’horreur, avec une touche mystique.

L’intrigue ? En 1996, une équipe de soccer féminine, composée d’adolescentes, disparaît dans un écrasement d’avion, quelque part dans les Rocheuses. Et personne ne les retrouve avant… 19 mois.

Pour survivre, les jeunes joueuses ont fait des choses inimaginables et assez terribles. Mais quoi exactement ?

Vingt-cinq ans plus tard, aucune des membres de l’équipe des Yellowjackets n’a révélé ce qui s’est vraiment passé dans les bois. Sauf que la vérité s’apprête à sortir. Et ça ne fait pas l’affaire de tout le monde. Vraiment pas.

Le son, toujours le son

Les plaintes à propos des problèmes de son de la minisérie L’homme qui aimait trop de Noovo ont afflué toute la semaine. Musique trop forte qui enterre les dialogues, c’était impossible à comprendre, avez-vous râlé en chœur. Et vous aviez raison.

Selon la chaîne Noovo, « il semble y avoir eu un problème technique chez certains fournisseurs, nous sommes à cibler la problématique avec eux ». Mettons que pour lancer une série de cette envergure, c’est plutôt ordinaire comme pépin.

L’homme qui aimait trop rejouera à la télé régulière dimanche à 21 h. Vous pouvez également rattraper l’épisode sur Noovo.ca. En espérant que les répliques réussissent à percer à travers la trame sonore. Ce serait sympathique, merci.