Savourez-les, car les 12 épisodes de Toute la vie qui reprendront l’antenne après les Fêtes seront les derniers, derniers, derniers, ai-je appris. Le feuilleton de Radio-Canada ne reviendra pas en septembre, l’auteure Danielle Trottier estimant avoir fait le tour du sujet de la maternité adolescente.

Publié le 7 déc. 2021

« Je vais terminer avec un sentiment de fierté. Je suis vraiment contente d’avoir pu parler des jeunes femmes enceintes dans une série annuelle. Je n’ai pas voulu lésiner sur l’intensité dramatique. J’ai voulu écrire une série où on était pressés de vivre et d’aller au bout des choses. Mais j’avais l’impression d’avoir tout dit ce que j’avais à dire sur cette situation-là en 72 épisodes », confie Danielle Trottier, jointe lundi en Uruguay, où elle vit et écrit une partie de l’année.

Avec ses 1 124 000 fidèles du mardi soir, Toute la vie partira donc en pleine gloire. Le feuilleton aura duré trois saisons complètes lorsque l’école Marie-Labrecque fermera définitivement ses portes à la fin du mois de mars 2022. L’œuvre précédente de Danielle Trottier, Unité 9, avait été en ondes pendant sept ans.

Le tournage du dernier plan de Toute la vie s’effectuera vendredi. Jamais en panne d’idées originales, Danielle Trottier planche sur son nouveau téléroman, qui est prévu dans la grille de 2022-2023 de Radio-Canada, confirme le patron des dramatiques de la télé publique, André Béraud. Le sujet en demeure confidentiel, mais le réalisateur de Toute la vie, Jean-Philippe Duval, y est déjà attaché.

« J’étais d’accord avec la décision de Danielle. Il y a des histoires qui s’écrivent en 10 épisodes, en deux ans ou sur cinq ans », précise la productrice de Toute la vie, Fabienne Larouche, d’Aetios.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Danielle Trottier, auteure de Toute la vie

Danielle Trottier a pris goût au rythme plus rapide qu’elle a insufflé à Toute la vie. « Je suis allée au cœur des choses rapidement et les téléspectateurs nous ont suivis. J’ai aimé ça que mes histoires aillent en galopant. Je veux continuer comme ça. Donnons-en pour leur argent aux téléspectateurs. Je veux qu’ils oublient complètement leur vie quand ils s’assoient une heure avec nous », confie Danielle Trottier, très active sur Twitter les soirs de diffusion de Toute la vie.

Après une première année à tâtons, Toute la vie a enfoncé l’accélérateur et ne l’a jamais relâché. La saison actuelle regorge de rebondissements, de moments poignants et de scènes portées par des acteurs et actrices au sommet de leur forme. C’est un des meilleurs téléromans, tous réseaux confondus.

Au fil des ans, le choix des comédiennes qui ont incarné les élèves enceintes de Marie-Labrecque a été fait avec beaucoup de doigté et de flair. Plusieurs d’entre elles, dont Naïla Louidort (La faille 2, Chaos), ont ensuite poursuivi leur carrière dans d’autres émissions concurrentes.

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Marguerite Bouchard interprète le rôle de Daphné.

« C’était formidable de voir que ces femmes venaient de tous les spectres de la société », ajoute la directrice générale de la télévision de Radio-Canada, Dany Meloul.

Les 12 derniers épisodes de Toute la vie conserveront cette charge émotive élevée, promet Danielle Trottier. « Toute la vie a été majeur dans ma vie d’auteure. Dans le dernier bloc, je veux honorer le courage de ces jeunes femmes et leur sens extraordinaire de la survie », affirme-t-elle.

La grille d’automne de Radio-Canada changera complètement de visage avec la disparition de Toute la vie, d’Une autre histoire et de Nuit blanche, dont le débranchement enrage encore ses 846 000 fidèles.

La pétition en ligne pour sauver le soap de luxe avait été signée par près de 19 000 personnes, au moment d’écrire ces lignes. Les plaintes affluent au service à l’auditoire de Radio-Canada et elles rebondissent aussi dans ma boîte courriel. Les fans de Nuit blanche voient noir.

Et je les comprends tellement. C’est extrêmement fâchant de s’investir pendant 12 semaines dans une série qui ne révélera jamais tous ses secrets.

Dans le plan proposé à Radio-Canada, la scénariste Julie Hivon (Alertes) avait planifié sa saga familiale savonneuse sur un arc dramatique de trois ans.

Le tournage de la deuxième saison – déjà tout écrite – devait même démarrer en mars 2022 pour s’étirer jusqu’en novembre. Mais voilà. Radio-Canada a décidé de ne pas acheter de troisième saison de Nuit blanche aux producteurs de Pixcom. Conséquence ? Il fallait réécrire en catastrophe la deuxième saison afin de boucler toutes les intrigues et offrir une vraie fin aux accros.

Le délai de refonte proposé à Julie Hivon était beaucoup trop court, et c’était impossible pour elle de compresser deux saisons en une seule. La plogue a donc été tirée. Voilà pourquoi Nuit blanche s’est conclue lundi soir avec de nombreuses questions en suspens.

Du côté de Radio-Canada, malgré la grogne populaire, pas question de changer d’idée et de ramener Nuit blanche au petit écran. « Nous comprenons la déception des fans de la série, mais nous n’émettrons aucun autre commentaire là-dessus. Tout a été dit », plaide le diffuseur public.

Tout a été dit, sauf le nom du père de Lucas (Jean-Philippe Perras), l’identité du complice du Masque dans le meurtre de Loulou Hébert (France Castel) et un paquet d’autres trucs non résolus. Quel dommage, quelle finale peu satisfaisante.