(Paris) « L’exposition attend le public depuis six mois, accrochée aux murs » : au musée d’Orsay à Paris, et dans d’autres grands établissements culturels, le personnel s’active pour accueillir au mieux les visiteurs privés de chefs-d’œuvre depuis l’automne.

Malgré l’absence de public pendant ces longs mois, ce grand musée parisien n’avait rien du château de la Belle au bois dormant.  

« La fermeture a été une période de travail intense pour les équipes. Elles sont restées mobilisées, quelles que soient les incertitudes pour toujours se projeter dans l’idée d’un rendez-vous avec le public », explique Laurence des Cars, directrice des musées d’Orsay et de l’Orangerie, à quelques heures de la réouverture mercredi matin.  

« Maintenance et protection ont été prodiguées aux œuvres », précise à l’AFP la cheffe du service de la Régie des œuvres du musée d’Orsay, Odile Michel, à l’entrée de la nouvelle exposition phare de l’institution parisienne, « Les Origines du Monde ».

Fermés depuis le 30 octobre, les musées rouvrent mercredi en respectant la jauge d’une personne pour huit mètres carrés.  

À Orsay, dans une des salles accueillant l’exposition temporaire « Les origines du monde », deux hommes revissent avec précaution les vitres en plexiglas qui abritent des objets présentés.  

Pantalon beige, pull vert et gants blancs, « on nous appelle “les hommes en vert” », explique Judicael Pabst, l’un des employés de LP Art, société de transport d’œuvres d’art.  

« On travaille dans tous les musées à Paris », témoigne-t-il. « À Orsay, depuis la fermeture, on a continué de nous demander de faire des installations qu’on monte et démonte, pour des déplacements ou des restaurations d’œuvres ».

« Faisons-en une fête »

Les derniers arrangements sont effectués lundi sous la surveillance du personnel du musée et de représentantes du Muséum d’histoire naturelle et de la Bibliothèque nationale de France(BNF), institutions qui ont prêté de nombreuses pièces parmi les quelque 300 que compte l’exposition.  

Marlène Smilauer, restauratrice de la BNF, examine un à un les très vieux livres exposés. Et retire certains exemplaires, présentés depuis des mois dans le musée vide. Très sensibles à la lumière, ces ouvrages doivent « tourner » entre réserves et vitrines.

Côté accueil du public, « il n’y aura aucune queue devant le musée », assure Laurence des Cars. Elle promet aux quelque 4000 à 5000 personnes que l’établissement s’apprête à recevoir chaque jour « un parcours libre et dans de très bonnes conditions du fait des jauges ».

Un public qui découvrira moulages, os, œuf gigantesque, sculptures et gravures, peintures et livres anciens… Autant de formes zoomorphes hétéroclites qui retracent comment, tout au long du XIXe siècle, les sciences animalières ont influencé les artistes.  

« Moins il y a de monde, plus vous êtes immergés », déclare Jacques de Tarragon, directeur d’un autre lieu d’exposition très prisé du public, l’Atelier des Lumières, dans le nord-est de la capitale.

Dans ce lieu, hall de béton d’une ancienne usine, se prépare la projection des œuvres animées de Salvador Dali. Les visites s’effectueront au son de morceaux de Pink Floyd.

L’exposition « immersive » – spécialité de cet établissement ouvert en 2018 – s’ouvre dans une grande pièce plongée dans le noir, sur les notes de « Shine on you crazy Diamond » du groupe britannique. « Être Dieu », scande alors la voix tonitruante du peintre espagnol.

« Nos équipes audiovisuelles ont été mobilisées pendant la fermeture, pour préparer l’avenir », explique Jacques de Tarragon. « On connaît déjà la programmation de 2022 ».

« Les gens ont besoin de s’évader », observe le directeur. « C’est une exposition dont le thème principal est l’imaginaire et le rêve ».  

« Faisons de cette réouverture une fête », appelle pour sa part la directrice d’Orsay et de l’Orangerie, Laurence des Cars.