Dans le cadre des célébrations, en 2023, du centenaire de naissance du peintre et sculpteur québécois Jean Paul Riopelle, une immense œuvre murale sera réalisée, l’an prochain, à l’intersection des rues Peel et Sherbrooke, par l’organisme MU. Comme cela a été fait en 2017 pour Leonard Cohen.

Éric Clément
Éric Clément La Presse

Près d’un an avant le début des célébrations marquant le centenaire de naissance de Jean Paul Riopelle (1923-2002), la Fondation Jean Paul Riopelle lève le voile, ce vendredi, sur un premier legs qui promet de devenir, dès l’automne 2022, un point de repère emblématique dans le paysage de Montréal, ville natale de l’artiste.

Une peinture géante de près de 60 m (190 pi) de haut sera réalisée par l’organisme montréalais MU sur un immense mur situé à l’intersection des rues Sherbrooke et Peel, au centre-ville de la métropole. Ce projet de consacrer une grande murale à l’artiste phare de l’histoire de l’art du Québec est issu de la collaboration entre la Ville de Montréal, Tourisme Montréal, MU et la Fondation Jean Paul Riopelle.

Jean Paul Riopelle va ainsi rejoindre d’autres légendes de la scène culturelle montréalaise honorées de la même manière, notamment Leonard Cohen, dont la murale monumentale est située à seulement quelques coins de rue de là.

Manon Gauthier, directrice générale de la Fondation Jean Paul Riopelle

Tourisme Montréal, qui a contribué à illuminer la murale consacrée à Cohen, va appuyer financièrement la conception du plan lumière qui permettra de mettre en valeur la murale Riopelle, de nuit comme de jour. « Par des gestes semblables, Tourisme Montréal veut accentuer sa participation au développement de la destination et au bien-être urbain autant pour les touristes que pour les Montréalais », dit Yves Lalumière, président-directeur général de Tourisme Montréal.

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Jean Paul Riopelle dans son atelier, en 1979

Grâce à l’aide de la Ville de Montréal, la Fondation Riopelle accorde à MU une somme de 50 000 $ afin de lancer un appel de propositions pour les artistes qui souhaitent concevoir une maquette pour l’œuvre murale. Selon le sommaire décisionnel publié par la Ville, la murale sera créée sur un mur du bâtiment de l’hôtel Best Western, situé au 3407, rue Peel.

La proposition retenue sera choisie par un jury d’experts du milieu artistique présidé par Yseult Riopelle, commissaire des célébrations du centenaire, cofondatrice de la Fondation Jean Paul Riopelle et fille de l’artiste.

La directrice générale et artistique de MU, Elizabeth-Ann Doyle, est fière de prendre part à ce projet qui accorde une place de choix à Riopelle parmi la collection de MU des grands bâtisseurs culturels de la métropole. Lancée en 2010, cette collection de murales vise à reconnaître la contribution notable de renommés créateurs de la métropole dans différentes disciplines artistiques.

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L’atelier de Riopelle à l’Esterel

« Alchimiste de la matière, homme d’esprit et de savoir, Riopelle, dont l’imagination était sans limites, nous a apporté, et nous apporte encore aujourd’hui, une richesse culturelle immense, dit Mme Doyle. MU veut rendre hommage aux artistes dont la force créatrice fait de Montréal une ville d’exception. Rendre hommage aux bâtisseurs culturels, c’est avant tout reconnaître l’apport essentiel de ces artistes dans la construction et l’évolution de notre identité. C’est aussi affirmer l’importance de la culture dans une société. »

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, se dit aussi particulièrement honorée de s’associer à ce projet de murale. « L’art mural est, pour la Ville de Montréal, un moyen privilégié de démocratiser l’accès à la culture pour le plus grand nombre et d’embellir notre ville, dit-elle. Natif de Montréal, Jean Paul Riopelle nous a laissé un héritage culturel collectif important que nous devons mettre en valeur. »

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Vue de la dernière exposition consacrée à Jean Paul Riopelle, À la rencontre des territoires nordiques et des cultures autochtones, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal, du 25 novembre 2020 au 12 septembre 2021

Les célébrations du centenaire de naissance de Riopelle s’amorceront à la rentrée automnale de 2022 dans tout le Canada et se poursuivront sur la scène internationale. Des annonces à ce propos seront faites par la Fondation Riopelle et ses partenaires institutionnels dans les prochains mois, notamment à propos de la création éventuelle d’un musée Riopelle.

« C’est un secret de Polichinelle que nous préparons les conditions favorables à l’émergence d’un important projet de legs visant l’ancrage de la Fondation Jean Paul Riopelle sur le territoire québécois, dit Manon Gauthier, directrice générale de la Fondation Jean Paul Riopelle, à La Presse. Mais il n’est pas question de brûler les étapes. Pour un projet si important, il y a des règles à respecter, un financement à orchestrer, bref, des étapes préalables à franchir. Chose certaine, nous misons sur une perspective à long terme. »

Le dévoilement de la murale donnera le coup d’envoi officiel des célébrations qui feront place, pendant un an, à un grand nombre d’expos, de propositions culturelles mettant en lumière le talent québécois dans une multitude de disciplines artistiques, ainsi que d’activités éducatives et commémoratives.

« La thématique et les projets majeurs de ces festivités seront dévoilés d’ici la fin de 2021 et la programmation complète sera rendue publique au printemps 2022, dit Manon Gauthier. Des expositions se tiendront aux quatre coins du Québec et du Canada, dont certaines entreprendront une tournée internationale. »