Le Cinéma VR de Phi présente, dans le cadre du Mois de l’histoire des noirs, et jusqu’au 5 avril, Narrations noires, une série de quatre petits films de réalité virtuelle (en anglais seulement) consacrés à des problématiques vécues par le continent africain, soit les changements climatiques, l’urbanisation et le terrorisme islamique. Résumé.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

Daughters of Chibok 

Joel Kachi Benson (Nigeria), 11 min. En anglais.

Extrait de Daughters of Chibok

Chibok est une localité chrétienne du Nigeria où le groupe islamiste Boko Haram a enlevé 276 élèves âgées de 12 à 17 ans, le 14 avril 2014. Le documentariste Joel Kachi Benson évoque dans son film les conséquences de ce drame. La mère de Rifkatu Galang, une des jeunes filles disparues, témoigne et dit se battre pour retrouver sa fille. Le réalisateur a été, l’automne dernier, le premier Africain à recevoir un prix à la Biennale de Venise, soit le prix de la meilleure histoire en réalité virtuelle, pour Daughters of Chibok.

Children Do Not Play War 

Fabiano Mixo (Brésil), 8 min. En anglais.

Extrait de Children Do Not Play War

Une petite fille de 12 ans, Aloyo, est la voix et les yeux de ces enfants africains que l’on a enlevés et obligés à devenir soldats. En Ouganda, où une guerre civile se poursuit depuis 34 ans, quelque 75 000 enfants auraient été forcés de prendre part au conflit provoqué par Joseph Kony, un extrémiste chrétien recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Aloyo évoque l’histoire de ces enfants qui, parfois, ont la chance de pouvoir retourner dans leur village. Ils n’en sortent toutefois pas indemnes pour autant, la guerre et les atrocités restant incrustées en eux.

Le lac 

Nyasha Kadandara (Zimbabwe), 10 min. En anglais.

Situé à la jonction du Tchad, du Nigeria, du Niger et du Cameroun, le lac Tchad connaît depuis un siècle de grandes variations de sa superficie et de sa profondeur. Les changements climatiques et la baisse de la pluviométrie sont montrés du doigt. Quelles que soient les raisons du rétrécissement de ce plan d’eau douce (passé d’une superficie de 25 000 km2 en 1960 à… 1500 km2 en 2000), les conséquences sont dramatiques pour les riverains du lac, qui fournit de l’eau à 40 millions de personnes, notamment des éleveurs, des pêcheurs et des agriculteurs dont le film nous montre la vulnérabilité.

Lagos at Large 

Jumoke Sanwo (Nigeria), 11 min. En anglais.

IMAGE FOURNIE PAR PHI

Image tirée du film Lagos at Large, de Jumoke Sanwo

Le photographe et réalisateur nigérian Jumoke Sanwo dresse ici un bref portrait poétique et lucide de la cité qui l’a vu naître, Lagos. Collage d’images, le film permet de découvrir quelques attraits de la plus grande ville du Nigeria (21 millions d’habitants). L’île de Lagos avec ses plages de sable blanc, mais aussi le centre-ville chaotique et culturel de Lagos, qui compte notamment la sculpture de bronze dédiée au musicien et chanteur nigérian Kokoro. Le film est un hommage à la poétesse et militante nigériane Njideka Iroh, établie en Autriche, et un regard sur le développement économique et l’urbanisation de ce pays.