Le duo d’artistes québécois Richard Ibghy et Marilou Lemmens ainsi que l’artiste et professeur canadien Andreas Rutkauskas sont les deux premiers récipiendaires des bourses annuelles qui sont désormais remises par la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement, lancées l’an dernier par les collectionneurs montréalais Bernard Landriault et Michel Paradis.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

L’annonce en a été faite, ce jeudi au Musée d’art contemporain de Montréal, par le jury d’attribution des bourses de cette fondation privée créée à Saint-Edmond-de-Grantham, près de Drummondville.

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L’organisme de bienfaisance a pour but d’accueillir des artistes et des chercheurs intéressés par les liens entre art et environnement, et de diffuser ses activités auprès de la jeune génération. Les deux premières bourses découlent d’un appel à projets lancé l’automne dernier et qui a suscité plus d’une centaine de candidatures.

Andreas Rutkauskas

Remportant la résidence d’artiste 2020, accompagnée d’une bourse de 10 000 $, le photographe de Kelowna et ex-Montréalais (pendant 12 ans) Andreas Rutkauskas a développé à l’Université de la Colombie-Britannique un cours sur la pratique artistique développée à notre époque de l’anthropocène.

Né en 1980, il travaille notamment sur les ravages des incendies de forêt et s’intéresse d’un point de vue général aux paysages affectés par l’homme, ses agissements et ses technologies. Il réalisera sa résidence à la Fondation Grantham en décembre prochain.

Ibghy-Lemmens

La résidence de chercheurs 2020 de la Fondation, dotée d’une bourse de 5000 $, revient aux artistes de Durham-Sud, Marilou Lemmens et Richard Ibghy. « Leur projet Le monde caché sous nos pieds propose de contester l’intensification et la financiarisation de l’agriculture au Québec et d’analyser les manières dont les terres sont appréhendées, appropriées et gérées », précise Bernard Landriault.

Ce printemps et durant l’été, le duo se penchera notamment sur la revalorisation de la biodiversité des sols, rencontrant des chercheurs et des agriculteurs. Une exposition sera ensuite présentée à la Fondation Grantham l’automne prochain.

Richard Ibghy et Marilou Lemmens ont actuellement le vent dans les voiles. Après une quinzaine d’années d’expérience, ils ont remporté, en décembre, le prix Giverny Capital 2019 remis par le collectionneur et homme d’affaires François Rochon, doté d’un chèque de 10 000 $. Un prix qui vise à souligner et à encourager l’excellence, l’originalité et la force créatrice de l’art actuel québécois. Des qualités que le duo pourra mettre à profit lors de ses recherches à la Fondation Grantham.

« On est très satisfait des choix du jury, a dit Bernard Landriault à La Presse. Andreas était un très bon candidat et on a en plus deux artistes du Centre-du-Québec, la région de notre Fondation. C’est un bon adon ! Ayant surtout travaillé sur la scène internationale, ce sera la première fois que Richard Ibghy et Marilou Lemmens feront une telle recherche au Québec. »

Le jury d’attribution des bourses était composé cette année de Johanne Lamoureux, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en muséologie citoyenne, Sophie Bélair-Clément, artiste et professeure à l’Université du Québec en Outaouais, Jean-François Bélisle, commissaire, directeur et conservateur en chef du Musée d’art de Joliette, Suzanne Paquet, directrice du département d’histoire de l’art et d’études photographiques de l’Université de Montréal, et Bénédicte Ramade, critique, chercheuse et commissaire indépendante spécialiste des enjeux de l’anthropocène.

Consultez le site de la Fondation Grantham : www.fondationgrantham.org