Dans le cadre de sa série Les bâtisseurs culturels montréalais, l’organisme MU a rendu hommage au sculpteur Armand Vaillancourt avec la création d’une œuvre murale réalisée pas son fils Alexis et inaugurée lundi dans le quartier Longue-Pointe, dans l’est de Montréal, par la mairesse Valérie Plante.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

Après les artistes Michel Tremblay, Alys Robi, Janine Sutto, Oscar Peterson, Émile Nelligan, Dany Laferrière, Oliver Jones, Alanis Obomsawin et Leonard Cohen, MU a décidé il y a deux ans de souligner la contribution sociale et artistique d’Armand Vaillancourt, « sculpteur, artiste-peintre, performeur, humaniste, homme de passion et de liberté », a indiqué Elizabeth-Ann Doyle, directrice générale et artistique de MU.

« On voulait souligner, en 2019, les 90 ans d’Armand, dit-elle. Mais à ce moment-là, nous n’avions pas reçu le financement pour ce projet. On a redéposé le projet, et finalement, voilà ! Armand a su marquer notre peuple par son engagement social pour les droits humains, mais aussi par sa sensibilité et sa générosité. C’est un monument, Armand. Alors, on est très heureux de l’honorer pendant qu’il est encore vivant. »

L’œuvre, qui avait pour but de célébrer l’artiste et non le personnage, a été peinte sur le mur d’un bâtiment des Habitations Le Domaine, au 6470, avenue Pierre-de-Coubertin. Elle est la reproduction d’une sérigraphie qu’Armand Vaillancourt a créée en 1989, intitulée Auprès de mon arbre, je vivais heureux, tel que le chantait Georges Brassens. L’œuvre représente une mosaïque d’animaux, de personnages et d’éléments naturels.

J’ai toujours été très près de la nature et des animaux qui ont occupé une part importante de ma jeunesse. J’ai dessiné des centaines et des centaines d’objets qui illustraient la présence d’animaux, d’êtres fabuleux et de fantômes de mon enfance.

Armand Vaillancourt

Une œuvre familière

La première création publique monumentale d’Armand Vaillancourt, L’arbre de la rue Durocher, dans les années 1953-1955, avait mis l’artiste sur la carte, lui qui avait sculpté in situ un arbre durant deux ans. Une œuvre autant sculpturale que performative. C’est son fils, Alexis Vaillancourt, qui a choisi la sérigraphie Auprès de mon arbre, je vivais heureux pour la reproduire en œuvre murale. Il a dit avoir toujours adoré cette œuvre qui lui est familière depuis sa jeunesse, la sérigraphie se trouvant chez ses parents.

L’œuvre murale a été réalisée sous la direction d’Alexis Vaillancourt, assisté de ses amis Ludovic Marsolais-Viau, Martin Lavigne et Antoine Perreault, avec lesquels il forme le collectif LAMA. Alexis Vaillancourt a hérité des gènes artistiques de son père, se consacrant depuis 2015 à temps plein aux arts visuels, que ce soit la peinture sur toile, les œuvres murales, la sculpture ou l’installation.

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« La murale se trouve dans l’est de Montréal, car Armand nous a toujours dit qu’il était un gars de l’Est, même s’il est identifié au Plateau où se trouve son atelier, dit Elizabeth-Ann Doyle. Mais son premier atelier était dans l’Est et il est vraiment identifié aux gens de l’Est, aux travailleurs. Il avait émis le souhait que cette murale soit dans ce quartier. »

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Armand Vaillancourt, en compagnie de son fils Alexis, reçoit de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, le titre de citoyen d’honneur de Montréal.

La mairesse Valérie Plante a profité de l’inauguration pour remettre un document à Armand Vaillancourt qui fait de lui un citoyen d’honneur de Montréal. L’artiste en a profité pour dire à la mairesse que la Ville de Montréal ne possède aucune de ses œuvres. « Nous sommes fiers, à MU, d’avoir contribué au fait que Montréal a enfin une œuvre d’art public d’Armand Vaillancourt ! », se réjouit Elizabeth-Anne Doyle.

Toutefois, il faut souligner que le Jardin botanique de Montréal expose une sculpture d'Armand Vaillancourt intitulée Rectangle, un bloc de béton de forme rectangulaire verticale, dont les deux faces principales présentent des textures et motifs variés, depuis 1965. Par ailleurs, il y a un an, était inaugurée près du parc du Pélican, dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, une grande œuvre en fonte, noire comme du charbon, intitulée Ma vie pour un pays et installée sur la nouvelle place Pierre-Falardeau. « Mon premier contrat d’art public à Montréal depuis que j’y habite, soit 1951 », avait lancé le sculpteur à la foule lors de la présentation de son œuvre.

MU est actuellement en train de réaliser, à l’intersection de la rue Henri-Julien et de l’avenue du Mont-Royal, une autre œuvre murale dans le cadre de sa collection des Bâtisseurs culturels montréalais. Peinte par l’artiste Annie Hamel, elle est consacrée à la chanteuse Lhasa de Sela dont on commémore, cette année, le dixième anniversaire de la mort.