Signataire du manifeste Refus global en 1948, l’éclairagiste et peintre Louise Renaud est décédée, lundi, dans sa résidence de Berkeley, aux États-Unis, à l’âge de 98 ans.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

Artiste ayant fait partie du groupe des Automatistes, avec Paul-Émile Borduas, Jean-Paul Riopelle, Françoise Sullivan ou encore Marcel Barbeau. Louise Renaud avait étudié les beaux-arts à Montréal en 1939 avec sa bonne amie Françoise Sullivan. Dans la section Dessin, « réservée aux femmes » !

Elles avaient exposé, en mai 1943, avec une vingtaine d’autres jeunes artistes (notamment Charles Daudelin et Fernand Leduc) lors de l’événement Les Sagittaires organisé à la galerie Dominion par le professeur Maurice Gagnon, une expo marquante du mouvement automatiste. Le critique d’art Maurice Huot avait relevé, dans Le Canada, que ses dessins avaient « belle allure, notamment une tête de femme pleine de vigueur ».

Mais en lieu et place de devenir l’élève du peintre français Fernand Léger à New York, comme elle l’avait souhaité, elle y suivit dans les années 40 des cours d’éclairage et de scénographie. Elle y travailla aussi comme gouvernante des enfants de Pierre Matisse, le fils du peintre Henri Matisse, qui avait une galerie d’art. Louise Renaud est ensuite revenue au Québec mais est retournée vivre aux États-Unis. Elle a épousé, en 1949, Francis Kloeppel, éditeur au Museum of Modern Art de New York.

Louise Renaud était réputée bonne animatrice lors de ses rencontres avec des artistes. Depuis New York, elle tenait ses amis automatistes au courant de ce qui s’y passait sur la scène culturelle. Elle était d’ailleurs certainement celle qui, parmi les signataires de Refus global, en savait alors le plus sur l’art moderne new-yorkais.

« J’ai rencontré Louise Renaud à Montréal dans les années 2000, dit Christian Gosselin, directeur général et artistique au Centre international d’art contemporain de Montréal. On avait parlé de Marcel Duchamp avec qui elle avait mangé à New York. J’en garde le souvenir d’une personne alerte, simple, généreuse, souriante et sympathique. Elle a aidé tous les automatistes qui sont passés par New York. »

Louise Renaud laisse dans le deuil sa fille, Barbara, sa sœur, la chorégraphe Jeanne Renaud, et de nombreux amis. Sa sœur écrivaine Thérèse Renaud, est décédée en 2005.