(Londres) Le plasticien britannique Damien Hirst, emblème du mouvement des « Young British Artists » dans les années 90, revient dans une rétrospective qui s’ouvre mercredi à Londres sur ses œuvres du siècle dernier, de pièces jamais exposées à certains chefs-d’œuvre qui se sont arrachés à des prix démesurés.

Agence France-Presse

« C’est assez drôle de voir mes travaux ici et de constater que certains semblent un peu plus vieux, cassés ou avec des marques de crayons », a déclaré à l’AFP l’artiste né à Bristol, « nostalgique » de constater que « les choses vieillissent », alors qu’il « pensait être immortel ».

Lui qui a souvent travaillé sur le rapport à la mort et au vieillissement constate ainsi le travail du temps sur une cinquantaine de ses propres œuvres, regroupées à la Newport Street Gallery de Londres dans une rétrospective intitulée Fin d’un siècle.

Les fans de son travail pourront ainsi admirer Un millier d’années (A Thousand Years), une vitrine où des millions de mouches volent à côté d’un crâne de vache ensanglanté, faisant cohabiter à l’état brut vie et mort.

PHOTO DANIEL LEAL-OLIVAS, AGENCE FRANCE-PRESSE

Les premières œuvres minimalistes de Damien Hirst explorent la couleur pure, comme 7 pans (1987).

Emblématique de sa première exposition, ses célèbres requins conservés dans du formol seront aussi de la partie. Tout comme certaines toiles de son iconique série Spot paintings, 1500 peintures emplies de pois de couleur réalisées par l’artiste entre 1986 et 2011.

Lauréat du Turner Prize en 1995, Damien Hirst a longtemps été un « enfant chéri » du marché de l’art. En 2008, il avait vendu d’un coup chez Sotheby’s plus de 220 œuvres pour 200 millions de dollars, après que son Lullaby spring — une armoire à pharmacie remplie de 6136 comprimés peints — avait remporté un an plus tôt le titre d’œuvre vendue la plus chère aux enchères pour un artiste vivant (14,4 millions d’euros ; 22,4 millions $).

La rétrospective permettra par ailleurs au visiteur de découvrir des pièces jamais encore exposées, comme Art is about life, the art world is about money (1998), une vitrine représentant une salle d’enchères peuplée de peluches.

Ses premières œuvres minimalistes explorant la couleur pure — 7 pans (1987), Pink boxes (1988) — ou bien des collages réalisés dans ses jeunes années à partir d’objets trouvés seront aussi visibles à la Newport Street Gallery, jusqu’au 7 mars.