(New York) Les grandes ventes de printemps de Sotheby’s se tiendront cette année sans public et entièrement à distance, a annoncé vendredi la maison d’enchères, une première dans l’histoire de ces ventes qui brassent chaque année des milliards de dollars.

Agence France-Presse

La ville de New York n’a pas encore annoncé de date de levée du confinement strict en vigueur depuis fin mars pour lutter contre la propagation du coronavirus ou de calendrier de reprise de l’activité économique.

Sotheby’s a donc pris les devants en organisant ses ventes d’art moderne et contemporain sans public, le 29 juin.

Concrètement, le président de Sotheby’s Europe, Oliver Barker, mènera, depuis Londres, la vente, retransmise en ligne et en direct.

Dans le même temps, des spécialistes de la maison seront répartis dans plusieurs villes du monde, notamment à New York, et répondront, en direct, aux appels des acheteurs.

Les collectionneurs pourront aussi enchérir directement en ligne.

« Depuis presque 30 ans que je suis sur le marché (de l’art), cela n’est jamais arrivé », a confirmé Amy Cappellazzo, présidente responsable des beaux-arts chez Sotheby’s, lors d’une vidéoconférence, au sujet de ce mode d’organisation pour des ventes de cette ampleur.

« Mais nous avons la chance d’être équipés d’une technologie exceptionnelle qui permet cela, alors que ça aurait été impossible il y a cinq ans », a-t-elle ajouté.

Trois ventes se tiendront consécutivement le 29 juin, selon le même format.

La dispersion de la collection de Ginny Williams, Américaine qui a fait sa fortune dans la télévision câblée, sera suivie par la vente d’art contemporain, la soirée s’achevant sur celle consacrée aux impressionnistes et à l’art moderne.

Parmi les œuvres phares de ces ventes figure un triptyque du peintre américain Francis Bacon, inspiré par l’Orestie d’Eschyle, estimé 60 millions de dollars.

Seront proposés également le tableau 1947-Y-N°1 du peintre américain Clyfford Still, estimé entre 25 et 35 millions de dollars, et la toile White Brushstroke I de l’artiste américain Roy Lichtenstein, estimée entre 20 et 30 millions.

Sotheby’s a choisi de maintenir ses ventes fin juin et de ne pas s’aligner sur sa grande rivale, Christie’s, qui tiendra les siennes le 10 juillet, un décalage rarissime.

Pour justifier sa décision, Sotheby’s a expliqué que l’alignement des dates visait, jusqu’ici, à permettre à un nombre important d’acheteurs de se déplacer à New York pour assister aux ventes de toutes les grandes maisons la même semaine.

Mais les restrictions en matière de déplacements internationaux sont toujours en vigueur dans nombre de pays, dont les États-Unis, ce qui devrait sensiblement limiter le nombre de personnes présentes physiquement, en juillet, aux ventes de Christie’s, qui ouvrira, elle, l’évènement au public.